Pays Chine

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La Chine possède 33 provinces, 2 420 comtés et 32 944 villes.

La Chine est un pays d'Asie d'une superfice de 9 596 361 km² (densité de 141 hab./km² environ).
La population de la Chine est de 1 344 413 526 habitants au dernier recensement.
La capitale de la Chine est la ville de Pékin qui compte 19 610 000 habitants.

Le président de la République à parti unique de la Chine est Xi Jinping.

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Chine

 La Chine ou République populaire de Chine est un pays situé en Asie de l'Est bordé par l'océan Pacifique et qui partage des frontières avec le Vietnam, le Laos, la Birmanie, l'Inde, le Bhoutan, le Népal, le Pakistan, l'Afghanistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, le Kazakhstan, la Russie, la Corée du Nord et la Mongolie. La civilisation chinoise a fortement influencé l'humanité toute entière notamment grâce à ses nombreuses découvertes comme le papier ou la poudre à canon.

La Chine en un coup d’oeil

République populaire (à parti unique)

Capitale : Beijing (Pékin)

Divisions administratives : 22 provinces, 5 régions autonomes, 4 municipalités et 2 régions spéciales (Macao et Hong Kong). La chine revendique également l'île de Taïwan

Population : plus de 1 376 milliard d'habitants

Langue principale : chinois mandarin

Religions principales: religions traditionnelles, bouddhisme, christianisme, islam

Président actuel : Xi Jinping

Premier ministre actuel : Li Keqiang

Monnaie : yuan renminbi (1 yuan = 10 jiao = 100 fen)

Conversion en euro : 100 yuan =12,9 euros

 

Tourisme : la plus grande partie du pays est sûre pour les touristes. Cependant, la région autonome de Xinjiang est déconseillée tandis que la province du Qinghai, la région autonome de Mongolie Intérieure et une partie de la province du Sichuan sont interdites aux étrangers. Il est obligatoire d'être accompagné d'un guide pour se rendre au Tibet. Les risques sanitaires liés à une mauvaise hygiène, aux piqûres d'insectes et à la pollution sont à prendre en considération.

La Chine, pays de démesure

Plus grand pays asiatique, pays le plus peuplé du monde, plus grande armée du monde, une histoire continue depuis la préhistoire, plus grande frontière terrestre..., les superlatifs ne manquent pas pour qualifier la Chine.

Avec plus de 9,5 millions de km², cet immense pays possède bien entendu une énorme variété de paysages formés par des plaines, des plateaux, des dépressions des déserts et des montagnes.

Le plus haut sommet de la Chine, et du monde, est le Mont Everest (au Tibet) qui culmine à 8.850 mètres d'altitude tandis que la dépression de Turgan est de 154 mètres sous le niveau de la mer ce qui illustre parfaitement la diversité des paysages, du relief et du climat chinois :

 

  • L'ouest du pays est principalement constitué de hautes montagnes dont la chaîne de l'Himalaya qui sert de frontière naturelle entre la Chine et le Népal. Cette chaîne traverse sept pays et s'étire sur 2.400 kilomètres de long, du Pakistan au Tibet, et sur 250 à 400 kilomètres de large. Elle se caractérise par ses 14 sommets, les plus hauts du monde, qui dépassent les 8.000 mètres d'altitude dont l'Everest et le K2. L'Himalaya s'est formé suite à la collision entre l'Inde qui était encore une île il y a un peu moins de 10 millions d'année, et le continent eurasien. La plaque indienne s'est glissée sous la plaque eurasienne ce qui a permis à l'Himalaya de s'élever et de devenir le toit du monde. La plaque indienne continue sa progression (5 cm par an) provoquant des séismes réguliers. L'Himalaya comptabilise de nombreux glaciers et ses sommets sont recouverts de neige éternelle. Il abrite également de nombreuses sources de cours d'eau dont l'Indus, le Gange et le Brahmapoutre alimentés par les glaciers ainsi que plusieurs centaines de lacs. Si le versant sud de l'Himalaya est humide, le versant nord (côté Tibet) est beaucoup plus aride. La montagne forme en effet un rempart contre les pluies des moussons et est responsable de la formation de déserts dont ceux de Gobi et de Taklamakan.

  • Au nord de l'Himalaya, se trouve l'immense plateau tibétain également appelé Haut plateau Qing-Zang qui déborde sur le Myanmar, le Bhoutan, le Népal et l'Inde. Cette région était déjà habitée par les hommes durant la préhistoire comme en témoignent les différentes fouilles archéologiques. Le Tibet connaît un climat rude avec des changements brusques de températures lorsque le ciel se couvre et de grandes différences entre le jour et la nuit. Selon l'altitude, la végétation se compose de steppes ou de forêts de résineux qui abritent une faune diversifiée et notamment des yaks, des cervidés et des moutons.On y rencontre également des espèces endémiques comme le renard du Tibet et le porc tibétain élevé dans cette région depuis l'âge de la pierre. Les troupeaux sont gardés par des races de chiens propres à l'Himalaya, le dogue du Tibet ou le terrier tibétain. L'extrême-nord du pays connaît un climat subarctique.

  • Le désert du Taklamakan est séparé du plateau tibétain par la cordillère du Kunlun, une chaîne de hautes montagnes dépassant les 5.000 mètres d'altitude et qui n'est habitée que par quelques nomades et bergers en été. En revanche, on y retrouve une faune importante dont des loups, des ours, des ânes (hémiones) et des yacks sauvages.

  • Le désert du Taklamakan connu sous le nom de la « Mer de la mort », à l'ouest, et le désert de Gobi, à l'est, occupent une grande partie du nord de la Chine. Le désert du Taklamakan était autrefois traversé par des cours d'eau qui prenaient leur source dans la cordillère du Kunlun ou dans la chaîne des Pamirs. De nos jours, la plupart de ces rivières se terminent aux portes de ce désert mouvant fait de dunes de sable et d'argile. Seul l'Hotan formé par les torrents Karakax et Yurungkax parvient parfois à traverser cette vaste étendue. La découverte de vestiges de plusieurs cités et d'arbres morts confirme l'hypothèse d'un habitat préhistorique dans cette région. Le climat est aride avec des précipitations faibles et occasionnelles, les températures oscillent entre -20° en hiver et 25° en été. La végétation est rare et se compose de quelques arbustes et herbacées. On y rencontre des chameaux de Bactriane et des ânes sauvages.

  • A l'est du désert de Taklamakan, le Lob Nor est un vaste espace marécageux d'eau salée qui a servi de site pour les essais nucléaires de la Chine de 1964 à 1986 ce qui aurait provoqué de nombreux décès, des cancers et des anomalies congénitales parmi les populations voisines du site.

  • Une grande partie de la frontière entre la Chine et la Mongolie est marquée par l'Altaï de Mongolie formé par une succession de chaînons montagneux aux sommets érodés, de glaciers et de vallées. Il se situe à l'ouest du Gobi.

  • Le désert de Gobi, l'un des plus grands déserts du monde, est principalement recouvert de pierres et possède un relief accidenté. La plus grande partie de ce désert se trouve en Mongolie et comprend une grande variété de paysages. Il est habité par différentes ethnies nomades.

    Les températures peuvent dépasser les 38° en été et descendre à – 43° en hiver avec des variations de températures entre le jour et la nuit pouvant atteindre 32°.

  • Le centre de la Chine est encore montagneux mais présente des sommets beaucoup moins élevés que l'ouest du pays. Situé entre le désert de Gobi et la Grande Muraille, le plateau de Mongolie est dominé par le massif montagneux de Tin et se termine par le Plateau Huangtu, un vaste plateau de loess qui se prolonge jusqu'aux pieds des monts Qilian appartenant à la Cordillère du Kunlun, Qinling (cordillère des frênes) et Taihang.

  • Plus au sud, les terres profitent d'un climat tropical propice à l'agriculture et plus particulièrement aux rizières qui sont récoltées deux fois par an. C'est également ces régions qui sont le plus densément habitées et qui connaissent un fort taux d'industries qui se concentrent notamment dans les plaines du Yangzi Jiang et dans le bassin du Sichuan traversé par le plus long fleuve d'Asie et troisième plus long fleuve du monde, le Yangzi Jiang (Fleuve bleu). Le fleuve prend sa source au Tibet et parcourt 6.380 kilomètres avant de former un vaste delta et de se jeter dans la Mer de Chine orientale. Il traverse de nombreux territoires souvent encaissé dans de profonds canyons dont les spectaculaires Trois Gorges et ses falaises de calcaire hautes de 1.200 mètres, un site touristique incontournable. Le Yangzu Jiang et ses 700 affluents forment un immense bassin hydrographique recouvrant plus de 1,8 million de km² ce qui permet d'irriguer 40% de la Chine.

  • Le sud-ouest de la Chine et notamment la province du Yunnan redevient plus montagneux mais profite d'un climat tempéré propice à l'agriculture. Le Yunnan est connu pour produire du tabac, du riz cultivé en terrasse et des fleurs. La flore profite également de ce climat et on dénombre près de 20.000 espèces de plantes différentes dans la province.

  • Dans l'extrême-sud du pays, le district de Xishuangbanna connaît un climat tropical, une végétation luxuriante, une faune extraordinaire (éléphants, léopards, tigres du Bengale, ...) et produit de nombreux fruits tropicaux ce qui lui a valu son surnom de « jardin céleste ».

  • L'est de la Chine présente un relief de plaines ponctué par de rares collines qui s'étend jusqu'à la mer. Fortement irriguée par les deltas des grands fleuves, cette région est essentiellement agricole.

  • Le littoral se partage entre des plages de sable situées au nord de la Baie de Hangzhou et des escarpements rocheux situés au sud.

 

La Chine souffre actuellement d'un exode rural important ce qui a amené le gouvernement à faire construire de plus en plus de villes pour accueillir la population rurale appauvrie par l'industrialisation des exploitations agricoles et le manque d'eau potable. Ce phénomène conjugué à une industrialisation de plus en plus importante du pays et à l'utilisation du charbon comme principale source d'énergie a provoqué une pollution atmosphérique inquiétante notamment dans les 90 villes qui dépassent le million d'habitants. Les fleuves sont également affectés par la pollution en raison d'une gestion chaotique des déchets industriels et des engrais azotés qui sont reversés directement dans les cours d'eau par les industries.

De plus, les périodes de sécheresses s'accélèrent et provoquent d'importantes pénuries d'eau même dans les villes. Le désert de Gobi poursuit son expansion et de nombreux lacs sont définitivement asséchés.

Une origine controversée

La Chine est un des berceaux de la civilisation humaine et les archéologues ont découvert des traces d'occupation par l'Homo erectus datées de plus de 2 millions d'années.

La découverte de l'Homme de Wushan dans une grotte du site de Longgupo a en effet été datée de 2,48 millions d'années. Cette datation est proche de celle des sites préhistoriques mis au jour sur le site de Gona en Éthiopie. Si, à l'heure actuelle, les plus anciens restes de bipèdes datent de 6 millions d'années (bipède Orrorin Tugenensis découvert au Kenya et Ardipithecus kadabba découvert en Éthiopie) et même de 7 millions d'années (Sahelanthropus tchadensis découvert au Tchad), les préhistoriens s'affrontent encore et toujours sur l'origine du peuplement de la planète.

L'étude de la faune a confirmé que des échanges entre le continent africain et l'Eurasie eurent lieu à partir de 2,5 millions d'années. Elle permet également de déterminer l'évolution des hominidés qui étaient à l'origine des nomades cueilleurs avant de devenir des chasseurs et enfin de se sédentariser il y a seulement 10.000 ans.

Les hominidés africains seraient, selon la théorie la plus souvent avancée, les ancêtres communs de toute l'humanité mais certaines découvertes récentes de singes anthropoïdes datés de 45 millions d'années en Chine remettent cette théorie en cause et soutiendraient la thèse d'une origine asiatique... ce qui n'a encore été ni confirmé ni infirmé. De plus le mode de dispersion de ces anthropoïdes qui auraient profité des mouvements des plaques tectoniques il y a plusieurs millions d'années, n'a pas encore pu être précisé. Ils seraient arrivés en Afrique il y a 39 millions d'années et l'une de de leurs branches aurait évolue en hominidés. Le problème se complique encore lorsqu'on sait que des anthropoïdes asiatiques sont également apparus en Amérique du Sud peu de temps après l'Afrique.

 

La maîtrise du feu est l'une des principales étapes de l'évolution des hominidés. C'est en Chine, et plus particulièrement sur le site de Zhoukoudian que le plus ancien foyer (actuellement) a été découvert, il est daté de 400.000 ans. Ce site découvert dans les années 1920 est célèbre pour avoir abrité le Sinanthrope (Sinanthropus pekinensis ou Homme de Pékin) qui aurait vécu dans des grottes il y a 700.000 ans, donc bien longtemps après l'homme de Wushan. Le site a probablement été occupé jusque vers 11.000 avant notre ère.

De chasseurs-cueilleurs, les premiers habitants de la Chine vont petit à petit devenir des agriculteurs et, vers 4.500 avant notre ère, la civilisation de Yangshao émerge. Il s'agit d'une culture néolithique dont les limites territoriales n'ont pas encore été définies. En effet, plus de 1.000 foyers de cette civilisation ont été découverts dans le pays et la première théorie supposant un établissement unique dans la vallée du Fleuve Jaune a été depuis réfutée. Il est vraisemblable que la culture de Yangshao cohabite alors avec d'autres cultures néolithiques réparties dans toute la partie est de la Chine (cultures de Hemudu, de Dawenkou et de Daxi). Elles ont cédé la place au 3ème millénaire avant JC à la culture de Majiayao qui s'établit le long du cours supérieur du Fleuve Jaune et à la culture de Longshan qui s'installe le long des cours moyen et inférieur du fleuve.

Ces civilisations vivent de la chasse, de la cueillette, de l'agriculture et de l'élevage et développent un habitat construit en terre compactée regroupé en villages protégés par des fossés. Plusieurs grands centres couvrant approximativement 300 hectares se développent vers la fin de la période (vers 1900 avant JC). Ces petites cités sont fortifiées et produisent de la céramique et des outils raffinés. La différence des habitats, des sépultures et des objets découverts démontre une première hiérarchisation de la société de type chefferie et marque également le début des premières guerres.

Le temps des dynasties

Le début de l'Age du bronze coïncide avec l'émergence de la culture d'Erlitou (assimilée peut-être à la dynastie Xia, première dynastie chinoise légendaire mais dont l'existence n'a pas encore été confirmée) sur le cours moyen du fleuve Jaune et son expansion sur l'ensemble du Henan, du Hubei, du Shanxi et du Shaanxi. Cette culture considérée comme le premier état chinois s'éteint vers 1520 avant JC et laisse place à la période d'Erligang qui voit l'éclosion des premières véritables villes et la construction de bâtiments publics ou religieux. Une production importante d'objets en bronze travaillés et de poterie portant les premiers signes de la naissance de l'écriture en Chine ainsi qu'une forte hiérarchisation démontrent la puissance et l'influence de l’État d'Erligang même si, à l'heure actuelle, le système social et politique de cette civilisation n'a pas été déterminé. Il est tout aussi difficile de préciser comment et pourquoi s'éteint la culture d'Erligang vers 1.300 avant notre ère et dans quelle mesure cette fin est liée à l'émergence de la dynastie Shang qui se serait installée sur le site de Zhengzhou construit durant la période d'Erligang et considéré comme une des huit capitales anciennes de la Chine. Quoiqu'il en soit, cette période fait entrer la Chine dans l'histoire. Il faut cependant noter que si la région occupée par les cultures successives représente le début de la Chine, différentes civilisations s'étaient développées parallèlement dans d'autres régions durant la préhistoire.

 

La dynastie Shang (ou Yin) règne sur la Chine jusqu'en 1045 avant JC, soit approximativement pendant cinq siècles. Cette longue période est marquée par la construction des premières cités-palais orientées selon un axe nord/sud mais surtout par la pratique de l'écriture qui avait déjà fait son apparition durant la période d'Erligang. L'état se présente alors sous la forme d'un royaume administré par une seule famille. A la même époque, la province du Xinjiang (ouest du pays) était occupée par les Tokhariens, un peuple d'origine indo-européenne. Ceux-ci ont probablement été en contact avec les habitants du royaume des Shang qui leur ont apporté différentes technologies dont l'utilisation des chars utilisés dans un but militaire.

 

Vers 1045 avant JC, la dynastie des Shang va être renversée par les Zhou originaires des rives du Wei He, un affluent du fleuve Jaune.

La dynastie des Zhou règne pendant près de huit siècles, jusqu'en 256 avant JC. Il faut cependant distinguer deux périodes :

  • La dynastie des Zhou de l'Ouest de 1045 à 771 avant notre ère domine facilement les rois Shang appauvris et affaiblis et qui avaient déjà perdu une grande partie de leurs territoires. Le dernier roi Shang est victime d'un coup d’État mené par ses propres vassaux qui souhaitent le remplacer par le duc de Zhou, Ji Fa qui deviendra le premier roi de sa dynastie sous le nom de Wu (ou Zhou Wuwang). Il fonde sa capitale à Hao (actuel Xi'an en province du Shaanxi). La dynastie Zhou poursuit une politique expansionniste et partage ses territoires en principautés gouvernées par des proches de la lignée royale. Petit à petit, les rois Zhou négligent leurs fiefs qui retrouvent leurs propres traditions, éloignées de celles d'un roi inexistant. La noblesse et l'armée se retournent contre leur suzerain jugé trop despotique, le roi Li, et le destitue en 841 avant JC. Il laisse place à une période de régence avant le début du règne de Xuan Wang qui entreprit de défendre sans succès les territoires du nord-ouest du pays contre les Barbares. Son successeur, You se fait tué en 771 avant JC lors de l'invasion des Barbares soutenus par le père de l'épouse qu'il avait répudié. Ce règne marque la fin de la puissance de la dynastie Zhou de l'Ouest.

  • La dynastie des Zhou de l'Est s'étend de 771 à 252 avant JC et est mieux connue sous le nom des « Périodes des Printemps et Automnes » qui seront suivies des « Royaumes combattants ». Après le décès de You, la capitale est déplacée à Luoyi (actuel Louyang en province du Henan). Les souverains ne parviennent cependant pas à retrouver leur splendeur passée et les principautés s'affrontent les unes aux autres. Les plus fortes militairement absorbent les plus faibles et on assiste à la naissance de quelques États importants dont Jin, Qi, Qin et Chu. Parallèlement, différents mouvements spirituels voient le jour, notamment le confucianisme et le taoïsme. Les Zhou ne peuvent plus tenir leur rôle de souverains absolus face à la montée en puissance de leurs vassaux. Ils gardent un rôle purement symbolique et ne peuvent qu'assister à la valse des alliances et des dominations des différents états périphériques qui vont permettre la naissance des Royaumes Combattants au 5ème siècle.

  • A cette époque, « les Royaumes combattants » désignent les sept anciennes principautés Zhou qui ont réussi à émerger : Chu, Han, Qi Qin, Wei, Yan et Zhao, également appelés les « Sept Héros ». Les princes deviennent des rois indépendants qui vont organiser leurs pays respectifs en états centralisés et organisés. Cette période est marquée par différentes réformes économiques dont la valorisation de nouvelles terres agricoles, par la création d'écoles de pensée positiviste et par un véritable rayonnement culturel. Cependant les conflits internes, les alliances par mariage, les trahisons et les attaques opposant les états les uns aux autres rendent la situation instable ce qui profite au Royaume de Qin qui se lance dans les « Guerres d'unification » en 230 avant notre ère. Elles prendront fin 9 ans plus tard après la victoire totale des Qin sur les autres nations.

     

La dynastie de Qin prend ainsi naissance en 221 avant JC mais ne dure que quatorze ans. Cette courte période représente cependant un véritable tournant dans l'histoire de la Chine unifiée qui devient un empire et qui possède désormais une seule monnaie, une seule écriture, une seule unité de poids et mesure et une seule capitale, Xianyang (en province du Shaanxi). Qin Shi Huang est donc le premier à porter le titre d'empereur. Il se révèle être un dirigeant intransigeant, répressif et tyrannique allant jusqu'à interdire les livres et à s'en prendre à la noblesse et aux adeptes du confucianisme. Son règne est marqué par le début de la construction de la Grande Muraille, l'expansion des villes et par une croissance économique basée sur l'agriculture qui profite de nouvelles techniques, notamment la fertilisation des terres. La personnalité de l'empereur suscite de nombreuses révoltes qui éclatent dans tout le pays lorsque son fils lui succède. Il est poussé au suicide trois ans plus tard laissant la Chine en proie aux guerres civiles (guerre Chu-Han). Le pays est morcelé en 18 Royaumes rapidement dominés par les Chu et les Han.

 

La dynastie Han débute en 206 avant notre ère suite à la victoire des Han sur les Chu et dure pendant plus de quatre siècles, jusqu'en 220 après JC malgré une brève interruption au début du 1er siècle. Le pays à nouveau unifié profite d'une longue période de paix et de prospérité notamment grâce à la création de la « Route de la soie » en remplacement de la « Route du jade » qui reliait la Chine à l'actuel Myanmar. La Chine s'ouvre au commerce avec les autres peuples et des caravanes acheminent dorénavant la soie mais également de nombreux autres produits comme l'ambre, l'ivoire, les épices, le musc, la porcelaine .... Cette route est utilisée jusqu'au 15ème siècle lorsqu'elle est petit à petit abandonnée au profit d'une route maritime plus rapide et plus sûre.

La première partie du règne des Han (Han occidentaux ayant choisi Chang'an comme capitale) est marquée par l'influence grandissante du confucianisme basé sur la vertu, richesse intérieure de l'homme, et sur la hiérarchisation de la société qui commence dans le cercle familial (la femme est soumise à son mari, les plus jeunes enfants doivent le respect à leurs aînés et doivent aimer leurs parents, ...) Il est imposé comme doctrine d’État par l'empereur Han Wudi. L'empire va rapidement s'agrandir et notamment annexer les territoires des Xiongnu, des nomades vivant au nord de la Chine. La politique expansionniste se poursuit et les Han contrôlent également une partie du Turkestan, de la Mandchourie et de la Corée. L'armée est déployée tout le long des frontières nord et ouest de la Chine et est chargée de contrôler notamment le déplacement des populations. Le pays profitait alors d'une administration centrale solide mais des querelles et des manigances internes à la cour impériale combinées à la montée en puissance des administrations provinciales affaiblissent le pouvoir de l'empereur et permettent l'émergence temporaire de la dynastie de Xin pendant 14 ans. La gestion de l'unique empereur Xin, Wang Mang, un visionnaire qui souhaite appliquer à la lettre les rites du Zhouli, est chaotique et son règne est également marqué par de grandes catastrophes naturelles. Le peuple voit un signe de punition céleste contre l'usurpateur ce qui mène à la restitution de l'empire à la dynastie Han et la montée sur le trône de Han Guang Wudi en 25 après JC.

Les Han orientaux établissent leur capitale à Luoyang et une nouvelle ère de prospérité s'installe dans le pays, elle dure jusqu'à la fin du 1er siècle. A cette époque le bouddhisme mahāyāna fait son apparition en Chine. Ses préceptes sont véhiculés par les moines qui empruntent la route de la soie.

Parallèlement, les provinces profitent une nouvelle fois d'une administration locale forte et les élites provinciales s'octroient de grands domaines agricoles. Petit à petit l'empire Han s'effondre miné par les insurrections mais également par le pouvoir grandissant des eunuques qui gèrent désormais la cour tout en l'isolant encore plus des provinces. Les chefs de guerre s'affrontent entre eux et l'empire est rapidement partagé en trois (le Nord, le Sichuan et la partie inférieure du Yangzi). La dynastie Han s'éteint en 220 laissant place à la période des Trois Royaumes.

 

Les Trois Royaumes comprennent le Royaume de Wei gouverné par Cao Pi, le Royaume de Shu gouverné par Liu Bei et le Royaume de Wu gouverné par Sun Quan. Ces trois Seigneurs de guerre se disputent la succession du dernier Han et se proclament tour à tour empereur. Ils vont s'affronter régulièrement mais également tenter de s'emparer des territoires situés en dehors des anciennes frontières de la Chine.

C'est alors qu'un stratège militaire, Sima Yi, se fait remarquer par ses faits d'armes et obtient la confiance de la dynastie Wei. A la faveur de nouvelles manigances, il parvient à éliminer le tuteur du tout jeune prince héritier et à prendre sa place, première étape vers la dynastie Jin.

 

La dynastie Jin se divise en deux parties, les Jin Occidentaux qui règnent de 265 à 316 et établissent leur capitale à Luoyang et les Jin Orientaux régnant de 316 à 420 et dont la capitale est Jiankang.

La Chine est une nouvelle fois unifiée mais ne connaît pas la paix pour autant. En effet, le second empereur Jin est mentalement déficient et totalement incapable de gérer le pays ce qui entraîne des conflits entre les différents membres de sa famille qui veulent assurer la régence, un épisode connu sous le nom de la « Guerre des huit princes » qui dure de 291 à 306 et qui met le pays dans une situation proche du chaos. Différentes tribus en profitent pour redevenir indépendantes et s'accaparer des terres du nord.

Les Jin Orientaux doivent se réfugier au sud de la rivière Huai et abandonner la partie la plus économiquement riche du pays. Malgré quelques victoires leur permettant de s'établir à nouveau sur les rives méridionales du fleuve Jaune, les Jin ne parviennent pas à rétablir la stabilité dans le pays divisé et la guerre civile s'installe à nouveau en raison de la révolte des clans écartés de la cour. Pendant dix ans, les Jin Orientaux rassemblant les dynasties du Sud affrontent les Seize Royaumes du Nord. Ces guerres débouchent en 420 sur le renversement de la dynastie Jin, la séparation de la Chine en deux et les règnes des cinq dynasties du Nord et des quatre dynasties du Sud.

Les dynasties du Nord et du Sud, le temps de la séparation

Le pays est donc divisé en deux, les Wei du Nord, les Wei de l'est, les Wei de l'Ouest et les Zhou du Nord se succèdent au nord tandis que les Liu Song, les Qi du Sud, les Liang et les Chen se succèdent au sud. Cette période s'achève à la fin du 6ème siècle par la réunification et l'avènement des Sui. Pendant ce laps de temps, le Nord et le Sud évoluent et des différences culturelles et politiques apparaissent probablement malgré la poursuite d'échanges commerciaux. Le Sud est considéré comme plus raffiné tandis que le Nord influencé par les « Barbares » tire sa puissance de ses forces armées. La langue et les coutumes les éloignent également avec la naissance de dialectes ou l'observance de rites funéraires différents. Toutefois ces affirmations doivent être prises avec précaution car il n'est pas prouvé qu'elles soient conformes à la réalité.

 

Vers la fin du 6ème siècle, le général des armées, Yang Jian destitue le dernier empereur Zhou qui n'est alors qu'un enfant et s'empare du pouvoir. Il est connu comme le fondateur de la dynastie Sui. Il entreprend alors de réunir une armée composée non seulement de fantassins et de cavaliers mais également d'une marine forte comptabilisant plusieurs milliers de navires. Il rassemble ses troupes le long des frontières entre le Nord et le Sud, depuis le Sichuan jusqu'à l'océan afin d'affronter la dynastie Chen qui est à la tête de la Chine du Sud.  

Le temps de la réunification, le retour des grandes dynasties

En 589, l'empereur Chen se rend, ouvrant la voie à la réunification et à l'avènement des Sui qui vont régner sur la Chine jusqu'en 618. Pendant cette courte période, le pays va bénéficier de travaux d'envergure, notamment la construction de greniers à grains destinés à mettre les récoltes à l'abri et l'allongement du Grand Canal de Chine débuté au 5ème siècle avant JC et qui est encore aujourd'hui une importante voie fluviale.

Malgré une armée imposante, plusieurs campagnes militaires des Sui se soldent par des échecs infligés par les troupes du royaume de Koguryo (Corée). La Chine paie un lourd tribut en vies humaines à ces guerres ce qui provoque le mécontentement du peuple déjà exsangue en raison des grands travaux et les trahisons au sein même de l'armée. La dynastie Sui disparaît en 618.

 

Elle est remplacée par la dynastie Tang qui entreprend de pacifier le pays et de lui rendre sa puissance d'antan. Non seulement, les empereurs réussissent à dynamiser le commerce et l'économie, à renforcer l'administration centrale du pays et à redonner vie au rayonnement culturel chinois mais également à agrandir les territoires. En 690 la seule impératrice chinoise de l'histoire, Wu Zetian, prend le pouvoir et fonde la dynastie Zhou marquant une brève interruption dans le règne de la dynastie Tang. Son fils fomente un coup d’État et restaure la dynastie Tang en 704. La dynastie atteint son apogée durant le long règne de Xuanzon mais, en 756, la « Révolte d'An Lushan », un général écarté de la cour impérial, marque un nouveau tournant dans l'histoire. An Lushan parvient à chasser Xuanzon de la capitale Chang'an, à s'emparer du pouvoir et à fonder la dynastie Yan qui s'éteint sept ans plus tard.

Les empereurs Tang suivants ne parviennent plus à affirmer leur autorité qui est grignotée à la fois par les généraux établis dans les provinces et par les eunuques et ministres de la cour impériale. Par ailleurs, l'empire doit faire face à des attaques des états voisins ce qui amorce la fin de la dynastie en 907.

 

Pendant plus de 70 ans, la Chine connaît une succession de dynasties et de créations de petits royaumes indépendants. Cette période de transition connue sous le nom des « Cinq dynasties et Dix Royaumes », met le pays à feu et à sang et ne connaît que des brefs moments de paix.

 

La dynastie des Song du Nord prend le pouvoir en 960 suite à la conquête des différents royaumes par Song Taizu, un général qui s'était emparé du Royaume des Zhou. Il établit sa capitale à Kaifeng et, malgré quelques tensions, le pays vit des heures plus paisibles qui permettent l'amélioration des réseaux de communication, l'invention de nouvelles technologies et dynamisent les relations commerciales extérieures. Au 11ème siècle, les Song essuient plusieurs revers militaires, au Vietnam (dynastie Ly) et en Mandchourie (les Jurchen qui ont fondé leur propre état). D'alliés, les Jurchen de la dynastie Jin deviennent ennemis et attaquent la capitale des Song obligeant la cour à se replier au sud du fleuve Yangzi Jiang pour fonder la nouvelle capitale Lin'an (Hanghzou) ce qui marque le début de la dynastie des Song du Sud.

 

La dynastie des Song du Sud débute en 1127 et parvient à maintenir les frontières entre la Chine et les Jin. Parallèlement, elle met sur pied une marine marchande importante et construit de nouveaux ports mieux équipés pour le commerce maritime. Les bateaux de commerce sont protégés par des navires de guerre qui utilisent la poudre à canon, une invention chinoise datant probablement du 7ème siècle. Le financement de ces travaux crée des tensions entre le gouvernement et les nobles lourdement taxés voire spoliés de leurs biens.

Au début du 13ème siècle, les Mongols sous l'impulsion de Gengis Khan partent à la conquête des états voisins. Ils s'emparent des terres appartenant à la dynastie Jin et au royaume des Xia occidentaux et, en 1259, attaquent les Song du Sud. Les Song sont défaits en 1276 (ou 1279) et la dynastie Yuan leur succède.

 

La dynastie mongole Yuan est fondée par le khan Kubilai qui choisit Zhongdu (Pékin) comme capitale. Pour la première fois de son histoire, la Chine est dirigée par une dynastie ne descendant pas de l'ethnie historique Han. Les descendants de Kubilai ne parviennent pas à se faire accepter par le peuple malgré leur volonté de devenir de véritables empereurs en s'appuyant sur des conseillers chinois. En effet, les plus hautes fonctions ne sont occupées que par les Mongols et les métissages sont interdits ce qui empêche toute intégration entre les deux peuples.

En revanche, les arts, les mathématiques et les sciences se développent tandis que les grandes constructions reprennent et que les Européens découvrent la Chine. Cela n'empêche pas le peuple de s'opposer aux Mongols et, en 1351, la « Révolte des Turbans rouges » éclate, menée par des seigneurs de guerre. Le mouvement s'étend dans toute la Chine et met le pays à feu et à sang durant 17 ans. En 1368, le dernier empereur Yuan s'enfuit, laissant la place à la dynastie Ming.

 

La dynastie Ming fondée par Hongwu règne sur la Chine jusqu'en 1644, soit près de trois siècles et marque le retour des Han au pouvoir. Le pays connaît alors un nouvel essor notamment grâce à une politique agricole bénéficiant des réseaux de communication, au commerce international avec le Japon et l'Europe, à la valorisation de l'artisanat et à l'expansion urbaine. Une armée de plus d'un million d'hommes est constituée afin d'affirmer la puissance de l'empire. Les grandes constructions s'accélèrent, notamment la Cité Interdite de Pékin et la prolongation de la Grande Muraille et du Grand Canal.

La Chine a un rayonnement culturel important et excelle dans de nombreux arts comme la calligraphie, la céramique ou l'ébénisterie.

Pourtant, les premières tensions sont palpables dès le milieu du 15ème siècle en raison de catastrophes naturelles qui provoquent des famines, de défaites militaires et du pouvoir grandissant des eunuques. Le 16ème siècle connaît son lot de problèmes principalement financiers. Le gouvernement décide d'augmenter les taxes ce qui va ruiner à la fois l'agriculture et le commerce et entraîner une grave crise dans les années 1620. Famines, épidémies, invasions de criquets, rien n'est épargné au peuple qui est décimé. Des révoltes éclatent dans les provinces contre Pékin et, en 1640, le seigneur de guerre Li Zicheng s'empare de la ville mettant un terme à la dynastie Ming. Il fonde la dynastie Shun dont il se proclame empereur en 1644. Il décède peu après dans des conditions floues et la toute jeune dynastie s'éteint.

La fin de l'Empire

La dynastie mandchoue Qing prend le pouvoir en 1645 et ne le quitte plus avant 1912. Les Qing, descendants des Jurchens établis en Mandchourie sont donc les derniers empereurs chinois.

Dans un premier temps, le nouveau gouvernement adopte le même système politique que les Ming afin de garder une certaine stabilité dans le pays mais, très vite, la population doit adopter des coutumes mandchoues comme le port de la tresse et du costume traditionnel par les hommes. Le gouvernement a le pouvoir de censure sur la littérature et mène une politique répressive contre toute personne critiquant ses décisions.

Malgré tout, le pays connaît une période d'apaisement et l'agriculture profite de progrès grâce aux méthodes permettant d'obtenir trois récoltes de riz par an. Cet âge d'or se ternit durant le 19ème siècle. L'explosion démographique entraîne une diminution de la qualité de vie tandis que les grandes nations européennes qui se sont installés dans les états voisins tentent de s'insinuer dans la vie politique. Les Chinois ferment leurs frontières maritimes et seul Canton reste ouvert pour les échanges commerciaux qui sont dorénavant gérés par le gouvernement.

Le Royaume-Uni qui vend de l'opium en Chine en grande quantité se heurte à la prohibition instaurée dès 1729 par l'empereur en raison des ravages provoqués par la drogue parmi la population. Il va néanmoins contourner cette interdiction et déclencher la « première guerre de l'opium » en 1839. Le Royaume-Uni sort victorieux du conflit en 1842 et s'empare, dans la foulée, de Hong Kong qui restera colonie britannique jusqu'en 1997.

La défaite chinoise est lourde de conséquence. Dorénavant, les Européens peuvent inonder le marché avec leurs produits qui se vendent à des prix inaccessibles pour le peuple qui s'endette et se révolte. Les rébellions sont matées par le gouvernement chinois soutenu par les puissances européennes et par le Japon. C'est dans ce contexte que commence la « seconde guerre de l'opium » suite à l'arrestation d'un navire de contrebande britannique en 1856. Les Anglais soutenus par les Français envahissent la Chine et s'emparent de Pékin en 1860.

La convention de Pékin favorable aux Occidentaux endette encore la Chine qui doit également affronter des mouvements de révolte populaire. En 1899, la « Révolte des Boxers » soutenue par les Qing combat les puissances étrangères qui en sortent néanmoins victorieuses.

La naissance de la République

C'est dans ce contexte difficile que prennent naissance les premiers mouvements révolutionnaires soutenus par des militaires qui vont conduire à la fin des dynasties chinoises et la naissance de la République de Chine. La Révolution chinoise également appelée Xinhai débute par un soulèvement dans une caserne à Wuchang. Cet incident n'est que le prélude à une véritable révolution qui gagne les autres provinces. Celles-ci se proclament indépendantes, les unes après les autres, tandis que l'armée impériale est débordée. Le temps des négociations est venu et Puyi, dernier empereur chinois alors âgé de 6 ans, abdique en 1912. Un gouvernement est mis en place à Nankin et Sun Yat-sen, fondateur du parti nationaliste Kuomintang, devient le premier Président provisoire de la Chine. Il est très vite remplacé par Yuan Shikai, l'ancien commandant des troupes impériales.

Les débuts de la République sont difficiles en raison des tensions et de la corruption qui règnent au sein du gouvernement. En 1915, Yuan Shikai tente de rétablir l'empire afin de renforcer son pouvoir mais cette restauration se heurte à une vive opposition. Les chefs militaires des provinces se soulèvent une fois de plus, le nouvel empire ne tient que 83 jours.

 

Cette velléité de retour à l'empire a encore plus déstabilisé le pouvoir et, pendant plus d'une décennie, le pays est aux mains des « seigneurs de la guerre » qui s'affrontent en une véritable guerre jusqu'en 1928, lorsque l'Armée nationale révolutionnaire levée par le parti Kuomintang sort victorieuse d'une offensive dans le Nord. Les seigneurs de guerre sont battus et la République de Chine réunifiée profite d'un véritable pouvoir central même si plusieurs guerres civiles vont la mettre régulièrement en péril jusqu'en 1949, année de la prise de contrôle du pays par les Communistes et de la fondation de la République populaire de Chine.

La République populaire de Chine

En 1949, la Chine est à bout de souffle après avoir vécu plus d'un siècle de tensions, de conflits armés et de guerres civiles. Les deux guerres de l'opium, les révoltes qui ont conduit à la proclamation de la république, la mainmise des puissances étrangères sur le commerce, les guerres menées par les seigneurs de guerre et la longue guerre opposant la Chine au Japon (de 1937 à 1945) qui souhaitait étendre ses territoires en annexant le pays laissent le pays exsangue.

C'est dans ce contexte que le parti communiste chinois (PCC) soutenu par les paysans s'élève contre le Kuomintang, déclenchant une nouvelle guerre civile. En 1949, l'un des fondateurs du PCC, Mao Zedong surnommé le « Grand Timonier » proclame la République Populaire de Chine tandis que les partisans du Kuomintang s'exilent sur l'île de Taïwan où ils continuent à faire vivre la République de Chine.  

La Chine de Mao

Le pays n'est pas pacifié pour autant et subit un véritable régime de terreur durant les campagnes de purification (campagne pour éliminer les contre-révolutionnaires, campagne des trois antis et campagne des cinq antis) destinées à éliminer notamment la corruption, l'évasion fiscale et le détournement des biens de l’État. En 1954, la constitution est adoptée, marquant la naissance d'un État socialiste.

Mais le pouvoir de Mao Zedong qui est à la fois chef de l'état et du PCC est affaibli, la population ne supportant plus la collectivisation mise en place dès 1955. Les paysans et les artisans sont intégrés de gré ou de force aux coopératives tandis que les industries sont mises sous la tutelle de l’État. Ce mouvement appelé « premier bond en avant » n'est pas couronné de succès et la collectivisation associée à plusieurs catastrophes naturelles réduisent les récoltes et provoquent la famine. Mao essuie un premier revers au Congrès en 1956 et le gouvernement décide alors de lâcher un peu de lest, d'être à l'écoute des critiques et d'accorder plus de libertés notamment aux artistes et aux intellectuels à travers la « Campagne des Cent fleurs ». Un véritable mouvement de contestation conduit par les étudiants et les intellectuels qui souhaitent le retour de la démocratie éclot immédiatement et les critiques contre le pouvoir et surtout contre le Parti sont nombreuses.

 

Devant ce flot de récriminations imprévu et le désir de liberté du peuple, le Parti se sent menacé et réagit très vite. Mao déclare que seules les critiques bénéfiques seront dorénavant autorisées et que les actes ou les paroles non conformes au socialisme sont « malvenus ». La répression est violente et vise particulièrement les étudiants et les professeurs d'université. Beaucoup d'entre eux, accusés de droitisme, sont exécutés, emprisonnés ou exilés. Les jeunes diplômés ne peuvent plus choisir leurs affectations et sont expédiés dans les campagnes. Plus d'un demi-million d'intellectuels sont envoyés dans des camps de travail mais la répression touche toutes les classes sociales et devient un prétexte pour éliminer les vagabonds ou pour purger les administrations.

 

En 1958, Mao lance un nouveau « Grand bond en avant » obligeant toute la population, y compris les paysans, à participer aux productions industrielles ce qui crée une nouvelle famine et amorce le déclin de Mao qui va être petit à petit écarté du pouvoir.

Sentant celui-ci lui échapper, Mao s'appuyant sur les étudiants (gardes rouges) lance la « Révolution culturelle » en 1966 destinée à éliminer les révisionnistes du PCC et surtout exterminer toute trace de la culture chinoise traditionnelle (les quatre vieilleries, à savoir, les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes et les vieilles habitudes). Les temples et les antiquités sont détruits, les spectacles et les concerts sont interdits, les livres, les peintures et les documents anciens sont brûlés tandis que leurs propriétaires et les artistes sont passibles de torture, d'emprisonnement et de mort. Cette révolution ne prend réellement fin qu'en 1976, date de la mort de Mao.

La fin de l'isolationnisme

A partir de cette date, la Chine amorce une lente ouverture au monde extérieur et Deng Xiaoping qui s'est emparé du pouvoir entame une série de réformes économiques afin de rattraper le retard du pays par rapport aux autres puissances. L’État n'a plus le monopole des productions céréalières et industrielles et la population obtient un meilleur niveau de vie et surtout plus de liberté.

 

Tout n'est cependant pas parfait et les étudiants s'associent aux intellectuels et aux ouvriers pour réclamer une réforme de tout le système politique. Les manifestants se réunissent sur la Place Tian'anmen en 1989. En réaction, le gouvernement instaure la loi martiale et charge l'armée de faire évacuer les différents lieux occupés. Le bilan est lourd et même si les chiffres exacts ne sont pas connus, on estime que plusieurs centaines voire des milliers de civils ont été tués et que de nombreuses arrestations ont eu lieu dans les jours qui ont suivi les événements.

La réaction internationale ne se fait pas attendre et des mesures sont prises à l'encontre de la Chine.

 

La Chine va poursuivre ses réformes et son économie se redresse rapidement au point que le pays devient la troisième puissance économique en 2008. La main d’œuvre bon marché attire les investisseurs étrangers.

Cependant, le PCC reste le parti le plus important et la politique est toujours répressive.

Vie politique

Selon sa constitution, la République populaire de Chine est un « État socialiste de dictature démocratique populaire dirigé par la classe ouvrière et basé sur l'alliance des ouvriers et des paysans ».

Le pays est dirigé par le Président (actuellement Xi Jinping) qui est également Secrétaire général du Parti Communiste Chinois (PCC) et président de la Commission militaire centrale. Il est secondé par le Premier ministre du Conseil des affaires de l’État (Li Keqiang), le Président du Comité permanent Du Congrès national populaire (Zhang Dejiang) et le Président de la Conférence consultative politique du peuple chinois (Yu Zhengsheng).

 

Le PCC impose un contrôle permanent de la population notamment grâce à la censure et au contrôle des organes d'information. Cependant, Parti n'intervient ni dans les régions autonomes ni dans les régions à statut spécial (Hong Kong et Macao). De plus, le Congrès national populaire peut s'opposer à des lois et mesures souhaitées par l’État et le Parti.

 

Il existe huit autres partis politiques acceptés par le PCC. Ils font partie de la Conférence consultative du peuple.

Une puissance économique

La croissance économique de la Chine se poursuit ce qui assure au pays un PIB le classant au deuxième rang mondial. Malgré ces chiffres, la population reste pauvre et son pouvoir d'achat est maigre. Shanghai considéré comme le centre financier de l'Asie-Pacifique, Hong Kong qui profite du développement du secteur tertiaire et la ville des jeux de chance et de hasard Macao sont les principaux pôles économiques du pays.

 

A l'heure actuelle, l'agriculture ne représente plus que 10% du PIB même si ce secteur occupe un tiers de la population. Les industries et les services représentent respectivement 44 et 46% du PIB. Le tourisme connaît également un bel essor notamment depuis la mise en place des congés payés qui permettent aux Chinois de visiter leur propre pays.

 

Les investisseurs étrangers contribuent également à l'économie de la Chine ce qui a valu au pays le surnom « atelier du monde ». Depuis 2005, tous les secteurs sont ouverts aux particuliers et l’état n'a plus la mainmise sur les industries.

Considéré comme un énorme pollueur jusque dans les années 2000, la Chine a amorcé une politique visant à privilégier les énergies vertes même si le charbon reste et de loin la principale source d'énergie dans le pays.

Un pays de contraste culturelle

La population totale de la Chine a largement dépassé 1.360.000 habitants, voire plus si on tient compte de la population de Taïwan (revendiqué par la Chine), de Hong Kong et de Macao, ce qui représente 20% de la population mondiale. Près de la moitié des Chinois vivent en zone rurale.

 

56 ethnies sont reconnues en Chine mais les Hans (l'ethnie historique) sont largement majoritaires avec plus de 92% de la population. Les Zhuangs et les Mandchous sont les principales ethnies minoritaires mais ne représentent approximativement que 1% de la population.

La langue officielle est le Mandarin (chinois traditionnel). C'est la langue maternelle de la majorité des Chinois et la langue enseignée à l'école. Le cantonais est parlé essentiellement dans le sud de la Chine, à Macao et à Hong Kong tandis que le wu est parlé principalement à Shanghai et dans la province de Zhejiang.

 

La liberté de culte est admise en Chine depuis le 3ème siècle avant JC même si l’État se charge de contrôler les groupes religieux et les sectes qui pourraient menacer le pouvoir.

La possibilité d'appartenir à plusieurs cultes ne permet pas d'obtenir des statistiques précises concernant les appartenances religieuses de la population. Ainsi un Chinois peut être à la fois bouddhiste et taoïste.

Toutefois, on estime que 70% des Chinois sont adeptes des religions traditionnelles comme le culte des ancêtres ou le taoïsme, 15% sont Bouddhistes, 3% sont Chrétiens, 2% sont Musulmans et 10% de la population serait sans appartenance religieuse.

 

La médecine traditionnelle est également très prisée en Chine. Elle se fonde en partie sur l'harmonie et l'équilibre (le yin et le yang) du corps et traite les pathologies en utilisant des plantes, des minéraux et même des substances d'origine animale sous forme de décoctions ou de poudres, l'acupuncture, la diététique, la gestion des émotions, les massages et les exercices de gymnastique qi gong.

 

Victime de la Révolution culturelle de Mao, la Chine a perdu une grande partie de son patrimoine culturel même si le gouvernement a entrepris de reconstruire les bâtiments et œuvres d'art détruits.

 

La cuisine chinoise est riche et variée et est à base de légumes, de céréales, de fruits, de viande et de poissons, le tout accompagné de riz (au sud) ou de blé (au nord). On distingue les aliments féminins (yin) représentés par les légumes et les fruits qui sont mous et humides des aliments masculins (yang) représentés par la viande et les épices qui « réchauffent ».

On dénombre quatre grands courants gastronomiques en Chine, les cuisines traditionnelles de Pékin, de Canton, de Shanghai et du Sichuan.

Les boissons préférées des Chinois sont le thé, véritable symbole du pays, le café, la bière et le vin. Les alcools forts sont de tous les bons repas et les Chinois font une grande consommation de Maotai, une eau de vie, d'un alcool de 5 céréales, le Wuliangye ou d'alcool de sorgho, le Daqu.

Tourisme

Le visa (pour une durée égale ou inférieure à trente jours en cas de tourisme) est obligatoire pour séjourner en Chine. Le visa n'est cependant pas exigé pour un séjour se déroulant uniquement à Hong Kong ou à Macao.

Le passeport doit être valide au moins pendant six mois après la date prévue de la sortie du territoire. Les autorités ont le droit de refuser l'entrée du pays aux étrangers même s'ils ont les papiers requis.

Les voyageurs doivent se faire enregistrer (par eux-mêmes ou via leur hôtel) au bureau de police dont dépend leur zone de résidence.

 

La Chine est un pays relativement sûr pour les touristes grâce à la répression des troubles organisée par les autorités. Des faits de délinquance sont cependant enregistrés notamment à Pékin et en règle général dans les gares et sites touristiques.

Plusieurs régions peuvent être à éviter en raison de troubles, il est donc recommandé de se renseigner avant le séjour en Chine.

De plus certains districts de la la région autonome de Mongolie intérieure et de la province de Sichuan sont interdits aux étrangers. Pour pouvoir séjourner au Tibet, il faut demander une autorisation spéciale via l'agence de voyage et être accompagné d'un guide.

Il est conseillé de respecter les lois et mesures et d'éviter toute conduite déplacée (ivresse, tapage nocturne, ...) qui pourrait mener à l'expulsion du territoire voire à une peine d'emprisonnement. La consommation et a fortiori la vente de drogue est très sévèrement punie. Il faut savoir que des dépistages peuvent être réalisés dans les bars et établissements ouverts la nuit.

Il faut également être vigilants en raison des arnaques à la carte de crédit et des pressions exercées sur les touristes dans le but de les faire payer des marchandises à des prix très élevés ou d'accepter des mariages blancs.

 

La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire mais il est également recommandé d'être en ordre de vaccin contre la diphtérie-tétanos-coqueluche, les hépatites virales, la méningite bactérienne, la rage et l'encéphalite japonaise.

 

La visite des grandes villes de Chine n'est pas recommandée aux personnes âgées, aux femmes enceintes, aux enfants et aux personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiaques en raison du taux de pollution.

 

La Chine s'ouvre de plus en plus au tourisme et recèle de nombreux trésors naturels ou historiques.

Les principaux sites touristiques sont la Grande Muraille, la Cité interdite, l'armée en terre cuite d'un empereur Qin, l'immense barrage des Trois Gorges ou encore les rizières construites en terrasses à flanc de montagne.

Les sites naturels sont innombrables et exceptionnels et les amateurs de tourisme vert ne manqueront pas de s'attarder dans les Gorges du Saut du Tigre d'une profondeur atteignant presque les 4.000 mètres ou dans l'ensemble de pitons rocheux de la Forêt de pierres de Shilin. Ils admireront également l'élégance et la beauté des jardins de Suzhou et apprécieront le calme qui se dégage des jardins zen de Hangzhou.

Les temples, les parcs nationaux, les pandas, les maisons de thé, les grands Bouddhas, les marchés animés et les petits restaurants, les paysages désertiques et les villes surpeuplées, la Chine est un pays de contrastes qui séduit ses visiteurs.