Pays Espagne

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L'Espagne possède 19 communautés, 50 provinces et 45 967 villes.

L'Espagne est un pays d'Europe de l'Ouest d'une superfice de 505 911 km² (densité de 92,46 hab./km² environ).
La population de l'Espagne est de 46 754 784 habitants au dernier recensement.
La capitale de l'Espagne est la ville de Madrid qui compte 3 413 271 habitants.

Le roi de la monarchie constitutionnelle de l'Espagne est Juan Carlos.

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Espagne

 « Encore au-delà »

L'Espagne est un pays situé das la péninsule ibérique, en Europe du Sud, partageant des frontières avec la France, l'Andorre et le Portugal. Elle est séparée du continent africain par le Détroit de Gibraltar situé au point de rencontre entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique.

Les îles Canaries et Baléares ainsi que les « Plazas de soberanía » marocaines sont également sous la souveraineté espagnole.

L'Espagne est membre de l'Union Européenne, de l'ONU, de l'OTAN, de l'Organisation de Coopération et de Développement Économique, de l'Organisation mondial du commerce et de l'Union latine.

L’Espagne en un coup d’œil

Monarchie constitutionnelle
Capitale : Madrid
Divisions administratives : 17 communautés autonomes, 50 provinces
Population : plus de 46 millions d'habitants
Langue principale : espagnol (castillan)
Religion principale: catholicisme
Souverain actuel : Felipe VI
Président du gouvernement actuel : Mariano Rajoy
Monnaie : Euro 

Tourisme : Pas de restriction

Une mosaïque de paysages

L'Espagne couvre la majeure partie de la péninsule ibérique qu'elle partage avec le Portugal et la petite enclave britannique, Gibraltar. Le nord-est du pays est délimité par la chaîne montagneuse des Pyrénées qui forme une frontière naturelle entre le pays et la France, du Golfe de Gascogne au Cap de Creus, sur la Costa Brava. La Principauté d'Andorre située dans les Pyrénées est enclavée dans cette frontière.

L'océan Atlantique borde la façade nord-ouest et une partie du sud de l'Espagne. Il est séparé de la mer Méditerranée qui borde tout le littoral oriental de l'Espagne par le Détroit de Gibraltar. En raison des courants marins opposés, la navigation dans le détroit est réputée dangereuse même si plus de 100.000 navires empruntent ce passage chaque année.

L'Espagne n'est séparée du continent africain que par ce détroit large seulement de 14 à 45 kilomètres mais d'une profondeur de 1.000 mètres.

Le Détroit de Gibraltar est le seul point de rencontre entre la Méditerranée et l'Atlantique. Il est délimité côté européen par une péninsule qui forme, à l'ouest, le golfe de Cadix et, à l'est, la baie d'Algesiras.

Le relief de l'Espagne se partage entre massifs montagneux, plateaux et plaines :

  • La Meseta centrale : tout le centre du pays est couvert de hauts-plateaux présentant une altitude moyenne de 600 mètres qui se sont formés lors de la dislocation d'un supercontinent durant l'ère primaire. Les sommets se sont fortement érodés pour devenir une pénéplaine à faibles dénivellations. A la suite du mouvement des plaques tectoniques africaine et eurasienne, quelques sommets se sont soulevés pour former la chaîne montagneuse du Système central, au centre de la péninsule. Cette chaîne sépare la communauté autonome Castille-et-León située au nord et les communautés Castille-La Manche, de Madrid et Estrémadure au sud. Un peu plus au sud se situe un autre massif, les Monts de Tolède, protégés par le Parc national de Cabañeros.

    La Meseta qui recouvre près de 50% de la superficie totale de l'Espagne est bordée par différents massifs montagneux et par le défilé Despeñaperros qui sépare l'Andalousie du reste du pays.

    La Meseta est traversée par trois grands fleuves, le Tage, le Douro et le Guadiana qui se jettent dans l'Océan Atlantique au Portugal, respectivement à Lisbonne, près de Porto et à Vila Real de Santo António dans le Golfe de Cadix.

  • Les plus hauts massifs montagneux de l'Espagne sont :

    • Les Pyrénées situées dans le nord-est

    • Les Cordillères Bétiques situées dans le sud-est qui forment, avec le Rif marocain, l'arc de Gibraltar. C'est dans ce massif que se situe le plus haut sommet de l'Espagne continentale, le mont Mulhacen culminant à 3.480 mètres d'altitude. Il fait partie de la Sierra Nevada qui abrite une réserve biosphère répertoriée par l'UNESCO.

    • La cordillère Cantabrique longeant le golfe de Gascogne (nord-ouest)

    • Le système ibérique situé entre la Meseta centrale et la dépression de l'Ebre, un fleuve qui prend sa source dans la cordillère Cantabrique et se jette dans la Méditerranée à proximité d'Amposta.

    • La Sierra Morena, séparant l'extrémité sud de la Meseta et la vallée du Guadalquivir, un fleuve qui se jette dans l'Atlantique à Sanlúcar de Barrameda après avoir traversé Cordoue et Séville.

  • Le littoral espagnol se divise en plusieurs secteurs :

    • La Costa Brava bordant la Méditerranée en Catalogne et qui prolonge la Côte Vermeille française. Elle est formée d'une succession de plages paradisiaques et de calanques dont certaines ne sont accessibles qu'en bateau.

    • La Costa Blanca bordant la Méditerranée dans la région d'Alicante. Elle est reconnaissable par ses immenses plages qui attirent un flot de touristes pendant la quasi totalité de l'année. De nombreuses stations balnéaires ont été fondées sur cette portion du littoral espagnol.

    • La Costa del Sol bordant la Méditerranée en Andalousie. Ses 140 plages attirent également de nombreux touristes venus profiter du climat méditerranéen subtropical.

    • Le Golfe de Cadix bordant l'Atlantique en Andalousie et séparé de la Costa del Sol par le Détroit de Gibraltar. Cette région est plus tournée vers les activités portuaires et commerciales que touristiques. C'est de là que partit la première expédition en direction des Indes de Christophe Colomb en 1492. Le Golfe a également été le théâtre de la Bataille marine de Trafalgar opposant Espagnols et Britanniques en 1805.

    • Le Golfe de Gascogne bordant l'Atlantique en Galicie, dans les Asturies et en Cantabrie. Le littoral est formé par des collines et des grandes vallées. Certaines zones sont fort accidentées et de nombreuses falaises plongent dans l'océan et se prolongent en amas rocheux. Le Cap Ortegal est le point le plus occidental du Golfe. 

Répondant à la diversité des reliefs de l'Espagne, il existe trois zones climatiques distinctes :

  • Le climat méditerranéen aux étés caniculaires et aux hivers doux dans le sud du pays. Le nord-ouest bénéficie également de ce type de climat mais les températures estivales sont plus supportables.

  • Le climat semi-aride avec de très longues périodes sèches dans le sud-est et une partie de la Meseta.

  • Le climat océanique avec une saison sèche moins caniculaire (printemps-été) et une saison parfois pluvieuse (automne-hiver) sur les côtes du Golfe de Gascogne.

Le gouvernement espagnol mène une politique de protection de l'environnement rigoureuse et le pays ne compte pas moins de 119 parcs nationaux ou régionaux et plus de 30 réserves de biosphère.

Ces parcs sont destinés à protéger la faune endémique ou introduite du pays. De nombreuses espèces sont vulnérables ou en danger d'extinction comme plusieurs espèces de chauve-souris, la baleine de Biscaye, le Rorqual commun, le Grand cachalot, le Bison d'Europe, le mouflon méditerranéen, les chevaux sauvages, les ours bruns, les phoques ou les chats sauvages et les lynx.

La forêt qui recouvre près de la moitié de l'Espagne a souffert de la déforestation massive en faveur de l'agriculture et de la construction navale mais également des nombreux incendies qui ravagent le pays durant les étés. Depuis 1940, un plan de reboisement a été établi.

Les forêts sont majoritairement composées de résineux (pins sylvestre, maritime et d'Alep) et de chênes.

Les îles Canaries

L'archipel des Canaries est situé dans l'océan Atlantique, au large du Maroc. Il forme, avec les îles des Açores, de Madère et du Cap Vert, la Macaronésie. Toutes ces îles ont une histoire et un environnement communs.

L'archipel des Canaries qui comprend sept îles ainsi que plusieurs îlots et rochers est d'origine volcanique :

  • Tenerife est la plus grande île des Canaries. Elle est dominée par le pic du Teide, un volcan culminant à 3.715 mètres d'altitude ce qui en fait le point le plus haut de l'Espagne, le mont Mulhacen étant le plus haut sommet de l'Espagne continentale. Le volcan occupe tout le centre de l'île. L'extrémité nord-est de Tenerife est également montagneux et est partiellement recouvert d'une forêt vierge de type subtropical humide. On y retrouve le Laurier des Canaries, une plante à fleurs endémique de l'archipel.

  • Fuerteventura est la seconde plus grande île. Située à l'est de l'archipel, elle n'est éloignée du continent africain que d'une centaine de kilomètres. Les dunes et plages de sable ainsi que les températures agréables en font une destination appréciée par les touristes

  • Grande Canarie, la troisième plus grande île des Canaries offre une grande diversité de paysages et possède une faune et une flore remarquables. De forme circulaire, elle est dominée par le volcan Pico de les Nieves entouré par les vestiges d'une ancienne forêt primaire victime de la déforestation massive. Le littoral est bordé de falaises et de petites criques.

  • Lanzarote est située au nord-est de Fuerteventura. Cette île de 850 km² ne compte pas moins de 110 volcans et est recouverte de roches volcaniques ce qui lui donne son aspect lunaire si particulier.

  • La Gomera se caractérise par sa vaste forêt de lauriers, de fougères et de bruyères qui prolifèrent en raison de la chaleur et de l'humidité permanentes. On peut y rencontrer le lézard géant de La Gomera, une espèce endémique en grand danger bénéficiant d'un programme de réintroduction.

  • La Palma et ses trois volcans présentent un relief escarpé. C'est la plus verte et la plus boisée des Canaries grâce aux pluies régulières qui arrosent l'île en automne et et hiver.

  • El Hierro, la plus petite, la plus jeune et la plus occidentale des sept îles. Elle a connu un épisode sismique important en 2011 suite à une éruption sous-marine.

Les îles Baléares

L'archipel des Baléares situé en Méditerranée est divisé en deux groupes d'îles et d'îlots :

 

  • Les îles Gymésies comprenant trois des plus importantes îles de l'archipel :

    • Majorque et ses trois massifs montagneux (Tramontane, Levant et Randa) dont le plus haut sommet, le Puig Major, culmine à 1.445 mètres d'altitude. Elle est bordée de plages qui attire de nombreux touristes. Des parcs nationaux ont été créés afin de préserver l'environnement de l'île

    • Minorque reconnue pour ses plages de sable et ses calanques accessibles uniquement en bateau. Comme l'ensemble de l'archipel, elle profite d'un climat méditerranéen.

    • Cabrera servit au 19ème siècle de lieu de déportation des prisonniers français capturés par les Espagnols durant les guerres Napoléoniennes, principalement durant la bataille de Bailén. Seuls 2.000 hommes sur les 25.000 prisonniers ont survécu.

  • Les îles Piyuses comprenant les deux autres îles importantes des Baléares :

    • Ibiza, une île autrefois habitée par des paysans et des pêcheurs en situation précaire et qui bénéficie aujourd'hui du tourisme et de l'immobilier de luxe.

    • Formentera située à six kilomètres au sud d'Ibiza est également devenu une destination touristique prisée même si elle attire moins de monde que sa « grande sœur ».

Une longue et riche préhistoire

L'origine du peuplement de la péninsule ibérique remonte au paléolithique inférieur et de nombreux sites archéologiques ont été découvert sur tout le territoire.

Les fouilles archéologiques ont permis notamment de découvrir des traces d'un feu de camp datant de 800.000 ans sur le site de la Grotte Noire des Gorges du Rio Quipar en Murcie, dans le sud-est de l'Espagne. C'est la plus ancienne utilisation du feu découverte dans le pays et même en Europe. La présence d'os d'animaux et d'objets en pierre calcinés permet d'affirmer que ce feu a été probablement utilisé pour cuire des aliments. En revanche, l'identité des premiers hominidés ibériques n'a pas encore été déterminée.

La découverte de ces foyers n'implique cependant pas la maîtrise du feu. En effet, il est probable que les occupants de la grotte transportaient des brandons allumés par des feux de brousse spontanés et les entretenaient pendant un certain laps de temps.

Depuis cette époque, l'Espagne a été occupée par des tribus éparses durant toute la préhistoire. De nombreuses découvertes majeures ont été faites et notamment :

  • Le site de la Sierra d'Atapuerca situé en Castille-et-León, dans le nord du pays a révélé la présence du plus ancien « Homo » découvert en Europe occidentale, l' « Homo antecessor ». Suite à l'étude des ossements de notamment une trentaine d'individus découverts au fond d'un puits, on a estimé que le site était occupé par des humains, il y a 1,2 million d'années. Ils utilisaient des outils et pratiquaient probablement le cannibalisme. L'occupation a été constante dans la région d'Atapuerca.

  • Les splendides peintures rupestres découvertes dans les grottes d'Altamira situées en Cantabrie, dans le Nord de l'Espagne, découvertes en 1879. Ces œuvres exceptionnelles prouvent l'occupation du site entre 22.000 et 13.000 avant JC.

 

A l'époque de la dernière glaciation, les tribus nomades qui habitaient en Asie centrale migrent vers le sud de l'Europe, chassés par le froid et la faim. Ils s'installent notamment en Espagne. A la fin de cette période, la vie quotidienne des hommes change radicalement. Les habitudes alimentaires se modifient, les grands animaux disparus sont remplacés par les poissons, les chèvres et les cerfs. Les outils sont adaptés à ce nouveau type de chasse et les outils sont dorénavant décorés.

 

L'agriculture apparaît en Andalousie vers le 6ème millénaire avant JC, probablement apportée par les tribus nord-africaines. A cette époque, les tribus ibériques maîtrisent la poterie cardiale caractérisée par son décor façonné à l'aide de coquillages. C'est aussi à cette époque qu'apparaît la métallurgie qui va se développer durant l'Age du cuivre, au 3ème millénaire. Les tribus ibériques sont alors moins isolées et vont notamment entrer en contact avec les peuples d'Afrique du Nord et de la Baltique. Elles vont également dresser des mégalithes dans les régions proches de l'océan Atlantique.

La culture de Los Millares

Les premières cités sont fondées aux environs de 2.600 avant JC dans le sud-est de l'Espagne. Une première civilisation prend naissance à Los Millares, près d'Almeria, en Andalousie. Les villages sont dotés de fortifications élaborées (murs d'enceinte, bastions et tours) tandis que des vastes nécropoles sont bâties à l'extérieur de leurs murs. Cette civilisation est déjà hiérarchisée. La population de Los Millares estimée à 1.500 habitants vit de l'agriculture et de l'élevage mais également du commerce des armes et des outils en métal ainsi que de la poterie qui s'affine et adopte bientôt le style campaniforme.

Les cultures de l'âge de bronze

Durant l'âge de bronze, la culture d'El Argar se développe en Murcie et en Andalousie. La société se structure de plus en plus et une hiérarchie forte se met en place. L'existence d'une classe d'esclaves ou au moins de domestiques est probable. Cette culture préfigure la période des premiers États.

De nombreuses chefferies sont fondées en bordure des zones agricoles, à proximité des mines de cuivre et d'argent ou dans des endroits stratégiques, au sommet de collines ou à l'entrée des vallées. Des routes relient certains villages ainsi que des avant-postes entre eux. Ce réseau de communication est important car les villages ne se spécialisent pas tous dans les mêmes productions (agricoles, métallurgiques, céramiques, ...) ce qui rend les contacts obligatoires.

Les habitations évoluent, comprennent plusieurs pièces et sont bâties le long des rues. Les rites funéraires occupent une place importante.

Des bâtiments collectifs (ateliers de poterie, textile et du travail des métaux, entrepôts pour les céréales, ...) bénéficient de l'acheminement de l'eau par un système de canalisation relié à des citernes et puits. Cependant, la population des villages ne dépasse probablement pas les 500 ou 600 personnes.

La culture d'El Argar va progressivement s'étendre et englober les provinces de Grenade, de Jaén, de Ciudad Real et d'Alicante.

Pendant près d'un millénaire, les habitants de ces régions vont exploiter intensivement les terres agricoles et les pâtures, entamant ainsi un processus de déforestation qui va probablement précipiter le déclin de cette civilisation et provoquer sa disparition à la fin du 2ème millénaire avant JC.

 

Vers la fin de la culture d'El Argar, le centre de l'Espagne est occupé par des tribus sédentaires qui vivent principalement du pastoralisme regroupées sous le nom de Cogotas I. Leurs habitations rudimentaires sont réunies en villages fortifiés qui évoluent en castros durant l'âge de fer et les morts sont enterrés dans des nécropoles.

 

Dans le sud-ouest de l'Espagne, la culture d'Atalaya produit des armes en bronze de grande qualité. Elle s'étend le long du littoral atlantique et s'enfonce largement à l'intérieur des terres.

 

La fin de l'âge de bronze est marquée par l'arrivée des premiers « colonisateurs » et par la disparition des différentes cultures ibériques dont celle d'El Argar qui se morcelle en plusieurs petits royaumes.

Vers 1.100 avant JC, les Phéniciens abordent la côte atlantique et fondent un premier comptoir commercial à Gadès (l'actuelle Cadix). Le centre et l'ouest de la péninsule sont occupés par les peuples dits « Celtibères ». Cette appellation date de l'époque des Romains qui pensaient que les Celtes avaient migré en Espagne et s'étaient assimilés aux Ibères. Il semblerait cependant que si les Celtes se sont bien installés dans la Meseta vers le 7ème siècle avant JC, ils ont été rapidement repoussés par les Ibères. Cette hypothèse est renforcée par la quasi absence de vestiges rappelant la culture celte dans le pays.

L'âge de fer

Durant le 1er millénaire avant notre ère, l'Espagne est partagée principalement entre la « civilisation des champs d'urnes » dans le Nord-est et les territoires du Sud occupés par les Phéniciens.

  • La civilisation des champs d'urnes doit son nom au rituel funéraire de l'incinération qui remplace ou complète les tumuli. Les cendres du défunt sont placées dans des urnes enterrées dans des vastes champs. Originaire de la Hongrie ou de la Silésie, le peuple pratiquant ce rituel commence son expansion au tout début du 1er millénaire vers l'Allemagne, la Belgique, la Hollande, la Suisse, l'Italie du Nord et la France. Il s'installe en Catalogne, dans le Nord-Est de l'Espagne à la fin du 7ème siècle avant JC.

    Cette civilisation se répand ensuite vers l'ouest et le sud du pays mais perd énormément de ses caractéristiques propres.

    Elle cédera finalement la place à la culture ibérique durant le 4ème siècle avant JC.

  • Parallèlement, les Phéniciens qui ont fondé le comptoir de Gadès à proximité de Gibraltar apportent leur propre culture dans le sud de la péninsule ibérique, notamment la production d'huile d'olive, la culture de la vigne et l'écriture. Ils bâtissent de nombreuses cités marchandes qui seront abandonnées dans le courant du 6ème siècle lorsque Carthage (Tunisie) qui avait elle-même été fondée par les Phéniciens s'impose face aux autres cités pour développer sa propre civilisation.

  • Les Grecs qui ont fondé Massalia (Marseille) vers 600 avant JC ont des échanges commerciaux avec les peuples installés le long de la côte est de la péninsule ibérique. Ils vont établir un premier comptoir sur un petit îlot à Empúries, en Catalogne et, de là, s'étendre légèrement dans la partie orientale de la péninsule sans pour autant tenter de coloniser réellement le pays.

 

A la veille de la conquête romaine, la péninsule ibérique est donc divisée entre les Phéniciens installés le long de la côte sud, les Grecs installés sur la côte est et les Carthaginois installés sur les côtes africaines, dans les îles Baléares et dans la province d'Alicante.

L'occupation romaine

La deuxième guerre punique opposant Rome et Carthage se termine en 202 avant JC avec la victoire romaine, après 15 ans de conflits. Carthage doit accepter les conditions de Rome, à savoir le paiement d'indemnités, la suppression quasi totale de sa flotte, l'interdiction de mener des actions militaires et l'abandon de ses possessions dans les Baléares et dans la péninsule ibérique.

Rome a ainsi le champ libre pour poursuivre la conquête de la péninsule entamée en réalité en 218 avant JC lorsque les Carthaginois mettent à sac la ville de Sagonte (province de Valence), alliée des Romains, un événement qui sert de prétexte à la deuxième guerre punique.

Les troupes romaines pénètrent dans la péninsule espérant ainsi barrer la route à l'intendance des troupes carthaginoises d'Hannibal. Ils veulent également attaquer les possessions ibériques de Carthage afin d'obliger Hannibal à diviser son armée pour les protéger. Les Romains mènent donc deux guerres de front.

Ils débarquent à Empúries, espérant s'allier les tribus ibères mais la plupart d'entre elles restent fidèles aux Carthaginois. Ils prennent cependant possession de la ville catalane de Tarragone qui devient une véritable base militaire romaine permettant d'envoyer les troupes à la conquête du pays.

La conquête romaine de la péninsule se fait en plusieurs étapes. En 197 avant JC, Rome occupe tout le littoral est et sud de l'Espagne actuelle et divise ces territoires en deux provinces, l'Hispanie citérieure avec Tarragone comme capitale et l'Hispanie ultérieure avec Cordoue comme capitale.

Les Romains doivent faire face à des révoltes régulières des populations locales ce qui retarde l'avancement de la conquête. Celle-ci reprend finalement en 181 avant notre ère et les territoires appartenant aux Celtibères installés dans le centre de la péninsule sont rapidement soumis par les armes ou par alliances.

Poursuivant leur expansion, les Romains s'emparent de la Lusitanie (correspondant au sud du Portugal et aux provinces espagnoles du León et de l'Estrémadure) en 154 avant JC et de Numance (Castille-et-Léon) en 133 avant JC.

 

Il s'ensuit une longue période de statu quo, les Romains étant trop occupés à étendre leur empire en Orient et à régler les conflits internes pour poursuivre la guerre en Hispanie.

Finalement, la guerre reprend en 29 avant JC et les Asturiens et les Cantabres occupant le nord-ouest de la péninsule sont vaincus sous Auguste, 10 ans plus tard.

 

L'Hispanie reste romaine jusqu'en 476. Pendant cette longue période, l'influence des occupants modifie fondamentalement la culture du pays. Comme dans toutes ses provinces, Rome construit des villes comprenant les bâtiments traditionnels, forums, thermes, théâtres, .... et bénéficiant d'un réseau d'égouttage, de l'arrivée de l'eau par aqueduc et d'un important réseau routier qui facilite les échanges commerciaux entre les différentes cités et les autres colonies romaines.

Les terres sont octroyées aux soldats libérés de leurs obligations vis-à-vis de la nation et aux grandes familles qui fondent des latifundia (grandes exploitations agricoles).

Les peuples autochtones perdent progressivement leur culture, adoptent les traditions romaines et parlent en latin. 

La chute de l'Empire romain d'Occident

A partir du 3ème siècle, une grande instabilité politique règne à Rome. Les empereurs se succèdent rapidement en raison de coups d’État et d'assassinats ce qui affaiblit considérablement le pouvoir. En 235, l'empereur Sévère-Alexandre réputé pour avoir été un dirigeant plus préoccupé par les réformes sociales que par les conquêtes militaires est assassiné, plongeant Rome dans une période d' « anarchie militaire » qui se termine en 270 avec l'avènement d'Aurélien qui parvient à réinstaurer un pouvoir central fort. Après son assassinat et une nouvelle succession d'empereurs de « second ordre », Dioclétien prend le pouvoir en 284 et choisit Maximien Hercule comme co-empereur ainsi que deux Césars, Galère et Constance, pour contrôler respectivement l'Illyrie et les provinces occidentales, soit l'Hispanie, la Gaule, la Bretagne et l'Italie. Cette tétrarchie permet à chacun de s'occuper d'un quart de l'Empire. Dioclétien espère ainsi pourvoir repousser les premières invasions barbares qui menacent déjà régulièrement les frontières romaines.

La tétrarchie annonce la division de l'Empire qui deviendra officielle en 395, à la mort de Théodose le Grand. Ses deux fils, Flavius Honorius et Flavius Arcadius deviennent respectivement Empereur romain d'Occident et Empereur romain d'Orient.

La domination des Wisigoths

L'Empire romain d'Occident est rapidement la proie des invasions germaniques. En 408, les Vandales, les Alains et les Suèves envahissent l'Hispanie et se partagent les territoires avant d'être eux-mêmes chassés par d'autres Germains, les Wisigoths.

Ce royaume barbare occupe l'Hispanie et le sud de la France avec Toulouse comme capitale avant de devoir se replier au-delà des Pyrénées en 507, suite à la victoire de Clovis. Il ne conserve que la Septimanie (région de Narbonne) en France.

En 554, l'empereur byzantin Justinien 1er reprend l'Andalousie mais sa suzeraineté sur les Wisigoths ne sera que temporaire puisque le roi wisigoth Léovigild parvient à unifier l'Hispanie et la Septimanie.

Les Wisigoths restent en Espagne jusqu'en 711, date de l'effondrement de leur royaume détruit par les musulmans.

Les Wisigoths s'installent principalement dans l'intérieur des terres ce qui explique que les pourtours de la péninsule conservent une culture romaine. Le roi Récarède 1er impose le catholicisme qui va remplacer l'arianisme, un courant théologique marquant le début du christianisme.

En 589, le IIIème Concile de Tolède annonce la naissance d'une Espagne profondément catholique et l'exode massif des Juifs vers l'Afrique du Nord. Tolède devient la capitale politique et religieuse d'un pays ou l’État et l’Église nouent une étroite collaboration.

La domination musulmane

Au 7ème siècle, l'islam fait son apparition en Arabie et son fondateur Mahomet entame ses premières conquêtes, s'attaquant très vite aux grandes puissances de l'époque, notamment les empires byzantin et perse fort affaiblis par des guerres civiles.

Les conquêtes musulmanes entreprises par Mahomet et poursuivies par les califes, ses successeurs sont couronnées de succès. En effet, les populations souvent opprimées et pauvres accueillent les musulmans en libérateurs. Les Arabes étendent leur influence sur la Perse, l'Irak, l'Iran, la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine et l’Égypte.

En 712, ils partent des côtes africaines et franchissent le détroit de Gibraltar. Les Wisigoths sont rapidement vaincus et les musulmans envahissent toute l'Espagne, exception faite du Pays Basque, du León, des Asturies et de la Galice. Ils ne seront arrêtés que par Charles Martel à Poitiers, en 732.

 

Le pays devient donc musulman et est rebaptisé Al-Andalus. La période musulmane se termine en 1492. D'abord considéré comme une province, Al-Andalus devient un émirat en 756 et Cordoue est choisie comme capitale.

L’Émirat de Cordoue

L'émirat est fondé par le dernier représentant de la dynastie des Omeyyades, après le renversement de sa famille par les Abbassides. C'est ainsi qu'Abd al-Rahman 1er qui s'était réfugié en Afrique du Nord, en territoire maure, devient le premier Émir de Cordoue, soutenu par les partisans des Omeyyades et profitant de l'instabilité consécutive au changement de dynastie.

L'Espagne bénéficie d'une ère prospère et devient un centre culturel rayonnant sous Abd al-Rahman 1er et ses descendants qui réussissent également à protéger efficacement le pays contre les raids vikings.

Le califat de Cordoue

Déjà fort autonome par rapport au califat de Bagdad, l'émirat de Cordoue franchit un nouveau cap sous Abd al-Rahman III qui se proclame calife en qualité de représentant de l'orthodoxie musulmane.

Le califat de Cordoue est fondé en 929 mais est plusieurs fois confronté à des conflits avec les rois catholique de León, des Asturies et de Galice dont Ramire II et ses successeurs.

Pendant tout le règne d'Abd al-Rahman III, l'al-Andalus connaît une période économiquement et culturellement prospère et une grande stabilité politique. Cordoue devient une ville riche s'enorgueillissant de ses nombreuses mosquées. Le calife construit Madinat al-Zahra, une ville palatiale à quelques kilomètres de la capitale dont elle est reliée par une large route. Cet immense complexe réunit le palais du calife, une mosquée, différentes salles de réception, des locaux administratifs, des manufactures, des boutiques, une caserne, des marchés, des jardins et potagers alimentés en eau par un réseau de canaux et d'aqueducs. Tous ces bâtiments symbolisent parfaitement l'art hispano-mauresque qui se différencie de l'art islamique oriental notamment par l'agencement des pièces organisées autour d'un jardin ou d'une cour.

La construction de la ville de Madinat al-Zahra débute en 936 afin d'affirmer la puissance du calife. Elle sera entièrement détruite moins de cent ans plus tard, en 1010 au cours d'une invasion berbère.

A la mort d'Abd al-Rahman III, son fils Al Hakam II, un homme érudit et tolérant, lui succède. Al-Andalus atteint son apogée tandis que la paix est enfin signée entre le califat et les royaumes chrétiens du nord de la péninsule. Il termine le chantier de Madinat al-Zahra, embellit et agrandit la mosquée de Cordoue, fait paver les rues de la ville qui est également dotée d'un réseau d’égout et d'un éclairage public. Cordoue est alors un centre universitaire important fréquenté par les savants du monde entier et est dotée d'une immense bibliothèque doublée d'un atelier de copistes. Fait remarquable, les femmes andalouses sont cultivées et nombreuses sont celles qui obtiennent la fonction de copistes.

En même temps, il organise la défense du pays en édifiant des forteresses (alcazars), notamment le château de Baños de la Encina en Andalousie qui est exceptionnellement bien conservé.

 

Le successeur d'Al Hakam II n'est qu'un enfant à la santé défaillante à la mort de son père. Il tombe sous la coupe d'Almanzor ou Al-Mansûr , un chef militaire intrigant qui va tirer les ficelles du pouvoir sans pour autant devenir calife car il n'a aucune légitimité.

Petit à petit, il s'attribue des titres honorifiques et, en 998, il obtient la promesse d'obtenir le pouvoir pour lui et ses descendants à la mort du calife Hisham II.

Almanzor mène une politique répressive à l'encontre des Chrétiens et de toute personne s'opposant à ses décisions tout en poursuivant les grandes constructions entreprises par les califes. Il renforce l'armée en accueillant des volontaires berbères et africains dans l'intention de faire du califat une grande puissance européenne. Il mène de nombreux raids dans les territoires chrétiens et, en 997, pille la ville sainte de Saint-Jacques-de-Compostelle, un acte considéré comme provocant dans le monde chrétien.

La paix et la prospérité du califat ne vont pas résister à la guerre civile qui éclate à Cordoue en 1009 lorsque les ouvriers berbères toujours plus nombreux se révoltent en raison de l'incompétence et du comportement douteux des successeurs d'Almanzor qui n'ont pas hésité à se proclamer califes après avoir forcé Hisham II à renoncer au pouvoir. L'éphémère dynastie amiride est anéantie tandis que Madinat al-Zahra est détruite. Muhammad II prend le pouvoir, rétablissant les Omeyyades avant d'être assassiné par les esclaves berbères et les esclavons (anciens esclaves slaves et germaniques affranchis). Hicham II retrouve sa fonction de calife mais est à son tour tué en 1013.

Différents califes se succèdent rapidement, la plupart étant assassinés peu après leur prise de pouvoir. Cette instabilité provoque la dislocation du califat qui se morcelle en taïfas, des petits royaumes qui s'affrontent régulièrement en raison de leurs différences culturelles.

 

Le pays sera réunifiée de 1086 à 1212 sous la domination des Almoravides, une dynastie berbère sanhajienne, et ensuite des Almohades également d'origine berbère venus au secours du pays menacé par les chrétiens. Pendant cette période, al-Andalus retrouve tout son aura culturel et les villes de Cordoue, de Grenade et de Séville bénéficient de cet âge d'or.

La Reconquête

Malgré cet épanouissement, les musulmans sortent affaiblis des guerres civiles ce qui a permis aux Royaumes chrétiens de reprendre leur lutte durant la période des taïfas. Les différentes alliances par mariage permettent de renforcer leur puissance et de partir à la reconquête des territoires musulmans.

Cette période connue sous le nom de « Reconquista » se termine au 13ème siècle peu après la bataille de Las Navas de Tolosa qui met l'armée des Almohades en déroute et permet aux Royaumes Chrétiens de poursuivre leur route dans le sud de la péninsule ibérique.

Malgré ces victoires, le calme est loin d'être retrouvé en raison de la coexistence difficile entre Musulmans et Chrétiens. Le pays est secoué par des révoltes, des conflits de succession notamment en Castille qui doit également affronter une guerre contre le Portugal.

Au 15ème siècle, Grenade (Andalousie) est toujours musulmane tandis que le reste de l'Espagne est partagée entre les Royaumes de Castille, d'Aragon et de Navarre. C'est à cette époque que Ferdinand II d'Aragon et Isabelle 1ère de Castille, surnommés les « Rois Catholiques » se marient. Cette union renforce la puissance des ces états désormais liés et permet les prises de Grenade en 1492, des îles Canaries en 1496 et de Navarre en 1512.

Le Royaume d'Espagne

L'ensemble du pays est unifié ce qui donne naissance au Royaume d'Espagne qui bénéficie d'appuis solides grâce au jeu des mariages des enfants des Rois catholiques et des enfants des différentes monarchies européennes.

L'Espagne ne se contente pas de ses territoires et va rapidement agrandir ses possessions européennes pour devenir dès le 16ème siècle l'une des plus grandes puissances mondiales. Parallèlement, elle devient un empire colonial grâce à la découverte du « Nouveau Monde » par l'explorateur Christophe Colomb.

L'Espagne « ultra » chrétienne met en place une politique répressive à l'encontre les Juifs et des musulmans qui doivent se convertir ou partir du pays. En 1478, l'Inquisition espagnole est créée afin de traquer les convertis suspectés de pratiquer leur religion clandestinement. C'est le début d'une période sombre marquée par des persécutions à l'encontre des « hérétiques » mais également à l'encontre des personnes qui ne les dénoncent pas. De nombreuses personnes reconnaissent leur hérésie sous la torture.

Leurs biens et ceux de tous leurs proches sont confisqués tandis que les « coupables » sont brûlés souvent sans avoir eu droit à un procès en règle. De nombreux excès sont commis et la chasse aux hérétiques va s'étendre aux protestants, aux luthériens mais également aux personnes suspectées notamment de bigamie ou de blasphème. L'Inquisition espagnole ne prendra fin qu'au 19ème siècle.

Un empire colonial

Au 15ème siècle, les souverains espagnols issus de la dynastie des Habsbourg contrôlent un

vaste territoire en Europe, les Royaumes de Naples et de Sicile, la Sardaigne, le duché de Milan, les Pays-Bas, le comté de Bourgogne, la Charolais, l'Artois et le Portugal. S'appuyant sur une immense flotte (l'Armada), l'Espagne contrôle la Méditerranée et l'océan Atlantique.

En Amérique, les conquistadors offrent à la couronne les empires aztèque et inca, l'Amérique centrale, une partie de l'Amérique du Nord et toute la partie occidentale de l'Amérique du Sud.

Ces colonies apportent une richesse incroyable à l'Espagne qui profite de la traite des esclaves même si elle n'est pas directement impliquée dans la déportation des Africains vers ses territoires coloniaux. En effet, elle confie cette traite à d'autres puissances comme le Portugal ou la France en payant une redevance. Ce contrat est appelé « asiento ».

 

Le 16ème siècle voit également l'avènement de Charles-Quint qui devient Roi des Espagnes, de Naples, de Sicile et de Jérusalem en 1516 et Empereur des Romains en 1519. Il est en effet l'héritier de quatre dynasties par le jeu des mariages.

Durant son long règne, il devra néanmoins affronter les rois de France qui veulent s'approprier les territoires italiens tandis que Charles-Quint veut reprendre le Duché de Bourgogne qui appartenait à son ancêtre Charles-le-Téméraire. Au moment du partage des possessions de Charles-Quint qui abdique en 1555, l'Espagne et ses territoires non européens sont remis à Philippe II. Sous son règne, l'Espagne rentre en guerre contre l'Angleterre. Philippe II envoie son « Invincible Armada » à la conquête du Royaume-Uni gouverné alors par Élisabeth 1ère, une protestante.

Les conditions météorologiques empêchent les navires espagnols de mener le combat et les obligent à renoncer au projet d'invasion. La guerre anglo-espagnole se termine en 1604, à la signature du traité de Londres qui maintient un quasi statu-quo même si les Anglais acceptent de renoncer à la piraterie.

Parallèlement, en 1580, la fusion de l'Espagne et du Portugal rassemblés en Union ibérique leur permet de dominer une grande partie du monde grâce aux possessions en Amérique, en Afrique, en Europe et en Asie.

Le déclin espagnol

Cependant, la richesse de l'Espagne est mal gérée, le pays préférant payer les produits aux autres puissances plutôt que d'investir lui-même dans les manufactures. L'Espagne enrichit donc les pays européens alors que les mines d'or de ses colonies s'épuisent. De plus, afin de maintenir sa domination, elle est obligée d'entretenir son armée à grands frais.

Au début du 17ème siècle, l'Espagne est en faillite et se met en cessation de paiement aux banques.

Elle doit également faire face à une guerre contre les Provinces-Unies qui deviennent indépendantes en 1648 et à un soulèvement du Portugal qu'elle souhaite transformer en province espagnole. Les Portugais ne supportent plus le manque d'autonomie et les taxes de plus en plus lourdes mais surtout le fait que les ennemis des Espagnols sont désormais également les leurs ce qui leur a fait perdre l'appui du Royaume-Uni.

En 1640, le Portugal se déclare indépendant et met fin à l'Union ibérique ce qui déclenche une guerre contre l'Espagne qui ne reconnaîtra cette indépendance qu'en 1688. Entre-temps, la Catalogne se rebelle également et la République catalane est proclamée en 1641 tandis que des émeutes éclatent à Naples, en Andalousie et en Sicile. Ces dernières sont rapidement et violemment matées.

Toujours à la même époque, la guerre contre l'Angleterre reprend sur fond de concurrence commerciale et se termine en 1660 par la perte de la Jamaïque tandis que les conflits avec la France se soldent en 1659 par la perte de l'Artois, de la Flandre, du Hainaut, du Luxembourg et du Roussillon.

Les Bourbons d'Espagne

En 1700, Charles II d'Espagne meurt sans héritier et la couronne est légitimement remise à Philippe V, petit-fils de Louis XIV, qui fonde ainsi la dynastie des Bourbons d'Espagne qui règne encore actuellement en Espagne.

L'alliance entre la France et l'Espagne inquiète les autres puissances européennes. La « Guerre de Succession d'Espagne » éclate en 1701, opposant la France et l'Espagne d'un côté à l'Angleterre, le Saint-Empire germanique, l'Autriche, la Prusse, les Provinces-Unies et le Portugal de l'autre. A l'issue de ce conflit qui prend fin en 1714, Philippe V est reconnu Roi d'Espagne mais il doit renoncer à ses droits à la couronne de France.

Cette guerre a cependant bouleversé l'Europe en redistribuant les cartes des forces en présence. C'est ainsi que le Royaume-Uni s'élève au rang d'une puissance européenne forte, s'appuyant notamment sur sa flotte et sur son économie florissante. En revanche, la France s'est considérablement affaiblie, les Provinces-Unies perdent leur puissance maritime et l'Espagne devient un état de second ordre en Europe. Cette situation annonce déjà les affrontements qui auront lieu entre la France et l'Angleterre durant la « Guerre de Sept Ans ».

Les Bonaparte

Durant tout le 18ème siècle, l'Espagne perd encore de son influence et doit faire face à d'importants problèmes économiques. C'est à cette époque que l'Inquisition perd sa puissance (elle sera abolie officiellement en 1834) et que l'ordre des Jésuites est supprimé tandis que leurs biens sont confisqués et que leurs Universités sont gérées par l’État. Des réformes économiques sont alors entreprises, basées sur la libéralisation du commerce extérieur ce qui permet aux ports de prospérer et sur la création de grandes manufactures de luxe.

 

En 1789, la Révolution française met fin à l'Ancien Régime et à la monarchie absolue. Méfiante vis-à-vis de cette France républicaine, l'Espagne signe un traité de paix (Traité de Bâle) en 1795 afin de mettre un terme à la « Guerre du Roussillon ». L'Espagne reconnaît ainsi la légitimité de la toute jeune république mais doit renoncer à ses territoires de Saint-Domingue.

Ce traité a une conséquence immédiate car le Royaume-Uni se sent en danger et attaque la flotte espagnole. Les conflits opposant La France, l'Espagne et la République Batave au Royaume-Uni se soldent par la signature de la « Paix d'Amiens » en 1802, une paix bien précaire puisque la guerre reprend de plus belle trois ans plus tard.

 

Napoléon 1er poursuit son expansion territoriale mais l'Espagne souhaite rester neutre dans ces nouveaux conflits en échange du versement d'une rente. Le pays sera cependant attaqué par le Royaume-Uni et n'a donc d'autre choix que de rentrer en guerre. En 1805, la Bataille marine de Trafalgar anéantit une grande partie de la flotte espagnole et offre aux Britanniques une victoire importante. De plus, l'Espagne perd ses moyens de communication avec ses possessions coloniales.

 

Le Portugal refuse de respecter le blocus continental mis en place par Napoléon afin d'empêcher tout échange commercial avec le Royaume-Uni et de le pousser ainsi à la ruine. En 1807, les troupes napoléoniennes tentent d'envahir le pays en passant par l'Espagne. Napoléon se heurte à la résistance des Portugais.

Cependant, lorsque Ferdinand VII détrône son père, Charles IV en 1808, Napoléon profite de la faiblesse de la monarchie pour s'emparer de son allié et pour placer son frère, Joseph Bonaparte, à la tête du royaume.

 

Joseph Bonaparte 1er est considéré comme un usurpateur par les Espagnols et il doit non seulement affronter des mouvements de rébellion mais également mener la guerre contre les troupes britanniques et surmonter l'animosité de ses propres maréchaux. En 1813, il retourne en France, abandonnant le royaume d'Espagne à Ferdinand VII, à l'issue de la « Bataille de Vitoria » qui l'opposait au Royaume-Uni, au Portugal et aux insurgés espagnols.

 

Le 19ème siècle voit l'empire espagnol s'effondrer. En effet, les colonies américaines prennent leur indépendance les unes après les autres. L'Espagne ne conserve que ses possessions africaines au Maroc et en Guinée équatoriale.

Les Républiques espagnoles

En 1873, le roi Amédée 1er qui a succédé à Isabelle II renversée par la « Révolution de 1868 » et exilée en France, abdique à son tour et laisse place à une éphémère république. En moins d'un an, quatre présidents vont tenter de rétablir une cohésion politique sans y parvenir. En janvier 1874, le général Pavia organise un coup d’État et instaure une dictature militaire.
La monarchie sera restaurée en 1875 et Alphonse XII, le fils d'Isabelle II, devient le nouveau Roi d'Espagne. A sa mort, son héritier Alphonse XIII n'est pas encore né et c'est sa mère, Marie-Christine d'Autriche qui assure la régence jusqu'en 1902. Alphonse XIII alors âgé de 16 ans est déclaré majeur. Il évitera la mort à de nombreuses reprises suite à des attentats.
Durant la Première guerre mondiale, l'Espagne reste neutre mais son souverain va être très actif en faveur de la paix. Il va également organiser l'« Officina pro-cautivos », un bureau chargé de donner des informations concernant les prisonniers de guerre à leurs familles.

Durant l'entre-deux guerres, l'Espagne doit faire face à des émeutes notamment après la perte de territoires marocains durant la « Guerre du Rif » en 1924. Le pays ne conserve que quelques villes dont Ceuta et Melilla qui sont aujourd'hui encore des villes autonomes espagnoles.

Plusieurs mouvements intellectuels soutenus par le peuple et des militaires en faveur d'une république naissent au début des années 1930. En effet, le pays est alors très pauvre et surtout en retard par rapport aux autres états européens. On estime qu'un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté, que l'espérance de vie ne dépasse pas 50 ans et que près de la moitié des Espagnols sont analphabètes.

Les élections municipales de 1931 marquent la fin de la monarchie et la proclamation de la seconde République d'Espagne.
D'importantes réformes sont entreprises, notamment une redistribution des terres, la création de plus de 7.000 écoles, l'ouverture du vote aux femmes et aux militaires, la reconnaissance de la propriété privée et l'entrée à la Société des Nations. Pour la première fois, l’Église n'est plus intimement liée au pouvoir.

Toutes ces décisions sont prises hâtivement mais leur mise en place est beaucoup plus lente ce qui met le peuple en colère. De plus, l’État reste propriétaire des collectivités agricoles et si les paysans voient leur salaire augmenter, ils ne sont toujours pas indépendants. L'augmentation du coût de la vie et du chômage annihilent les augmentations de salaire et plusieurs régions réclament un statut d'autonomie à l'instar de la Catalogne.
Dès 1933, il est clair que les réformes ne répondront pas aux attentes des ouvriers et des agriculteurs ce qui permet aux partis de droite d'émerger tandis que les grèves minent le pays.
En 1936, le Front Populaire espagnol réunissant les partis de gauche remportent les élections et Manuel Azaña devient Président ce qui déclenche une guerre civile dans le pays.
Les nationalistes de droite et d'extrême droite sont menés par Francisco Franco. Les militaires complotent afin de renverser Azaña. Ils échouent mais le pays est désormais divisé en deux clans tandis que les ouvriers s'emparent des usines et que les biens de l’Église sont confisqués au profit des révolutionnaires.
La guerre civile dure 3 ans et se termine le 1er avril 1939 peu après l'écrasante victoire des troupes franquistes soutenues par le IIIème Reich et l'Italie sur l'armée républicaine durant la « Bataille de l'Ebre ».

L'Espagne de Franco

Le bilan de la guerre civile est lourd. Plus de 150.000 personnes ont perdu la vie, sans compter les prisonniers envoyés dans les camps de concentration franquistes tandis que près d'un demi million d'Espagnols ont fui leur pays en direction de la France.

Franco surnommé le Caudillo est un dictateur contrôlant le pouvoir à tous ses niveaux. Il garde également un œil sur l’Église et sur l'armée.
Après avoir agi en tyran durant les premières années de son pouvoir afin d'éradiquer toute velléité de rébellion, Franco se montre plus conciliant lorsque son régime est bien installé.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne respecte un pacte de non-belligérance mais entretient cependant des rapports commerciaux avec les pays de l'Axe. Il va également remettre à l'Allemagne une liste des Juifs d'Espagne. L'Espagne ouvrira également ses frontières aux collaborateurs qui fuient leurs pays d'origine après la défaite des nazis.

Cette attitude et le régime politique de Franco provoquent un boycott contre le pays à l'issue de la guerre. L'économie du pays en souffre ce qui laisse le champ libre à la corruption et au travail parallèle.
Dans les années 1950, Franco fait marche arrière et opte pour une libéralisation des échanges commerciaux et des prix tandis que le pays sort de son isolationnisme et noue des contacts avec les États-Unis et les autres pays européens.
Franco est malgré tout opposé au modernisme et le régime reste autoritaire accordant beaucoup de pouvoirs aux forces de l'ordre. Le peuple ne profite pas des libertés d'une démocratie, ne pouvant ni exprimer des opinions contraires à celles du pouvoir ni former de parti.

Le retour de la monarchie

En 1969, Franco choisit Juan Carlos de Bourbon comme successeur et lui reconnaît le titre de Prince d'Espagne.
Juan Carlos devient roi d'Espagne le 20 novembre 1975, à la mort du Caudillo qui est resté plus de 36 ans au pouvoir, rétablissant ainsi la monarchie espagnole. 

Juan Carlos 1er amorce un retour net vers la démocratie et la monarchie devient constitutionnelle. La nouvelle Constitution se veut tolérante et autorise les partis de l'opposition.
Plusieurs tentatives d'assassinats et la critique du mode de vie dispendieux de la famille royale alors que la crise économique frappe durement le peuple espagnol dans les années 2010 entachent son règne.
Suite à une affaire de détournement de fonds impliquant son beau-fils, Juan Carlos 1er abdique le 2 juin 2014 en faveur de son fils, Felipe VI.

Vie politique

L'Espagne est une monarchie constitutionnelle dont le souverain est chef de l’État et des armées. Il est chargé de ratifier les lois, de nommer le Président du gouvernement et de représenter le pays à l'étranger.

Le pouvoir exécutif est exercé par le Président du Gouvernement (équivalent à la fonction de Premier ministre et actuellement Mariano Rajoy, membre du Parti populaire). Il est nommé par le roi pour un mandat de quatre ans renouvelable. Cette nomination doit toutefois être validée par Congrès des Députés. 

Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement composé du Congrès des Députés et du Sénat.
Le pouvoir judiciaire est exercé par le Conseil du Pouvoir judiciaire, le Tribunal Suprême et les tribunaux supérieurs de Justice. 

Une lente reprise

Malgré la grave crise économique traversée par le pays, l'Espagne affiche une croissance positive largement plus élevée que la moyenne européenne. Le chômage est en recul, passant de 27 à 18% en trois ans. La reconversion des entreprises espagnoles qui orientent désormais leur production vers l'export et les mesures d'austérité semblent porter leurs fruits.
Cependant, les salaires restent bas et l'inflation repartie vers la hausse n'arrange pas la situation des personnes en situation précaire, soit un Espagnol sur cinq.
L'agriculture (olives, coton, tabac, ...) représente 2,5% du PIB tandis que les industries (machines-outils, construction navale et automobile, électronique, ...) et les services (principalement le tourisme) représentent respectivement 22,5 et 75% du PIB.

Une identité régionale forte

La population espagnole dépasse les 46 millions d'habitants. Les régions côtières sont les plus densément peuplées tandis que le centre du pays, hormis Madrid et sa région, compte moins de 30 habitants au km². Le pays a connu une importante croissance démographique en raison de l'afflux d'immigrants dans les années 2000. C'est pourquoi, plus de 11% de la population est étrangère. Il est à noter que depuis la crise, le mouvement s'est inversé et que de nombreux émigrés sont repartis du pays. En raison du faible taux de fécondité, la courbe démographique pourrait devenir négative dans la prochaine décennie.

L'espagnol (castillan) est la langue officielle et scolaire du pays mais elle n'est la langue maternelle que de 55% des Espagnols. En effet, les langues régionales sont vivaces et chaque communauté a sa propre langue officielle reconnue par la loi, à savoir le basque, le catalan, le galicien et l'aranais.
Il existe également d'autres langues non officielles et de nombreux dialectes.
Enfin, plus de 5 millions de résidents sont francophones. 

70% des Espagnols sont catholiques tandis que 25% de la population se dit athée ou sans religion. Le catholicisme est la religion traditionnelle de l'Espagne depuis le 6ème siècle.

La culture espagnole est à l'image de son histoire. De nombreuses influences se retrouvent dans l'architecture et il existe des différences notables entre les régions. La culture a été influencée au cours des siècles par les Celtes, les Romains, les Grecs, les peuplades germaniques, les Maures, ...

L'Espagne est un pays de traditions et de croyances et de nombreuses fêtes, carnavals ou processions ont lieu dans chaque région.Celles-ci ont un sentiment d'appartenance territoriale marqué et ont préservé leur identité propre même si elles ont un patrimoine commun.

La gastronomie espagnole est riche, variée et régionale. Elle a bénéficié de l'apport des épices et autres produits des colonies. Le long des côtes, les poissons et les fruits de mer sont à l'honneur tandis que les régions montagneuses s'enorgueillissent de leur charcuterie dont le jambon ibérique ou le chorizo. L'huile d'olive, l'ail, les tomates, les piments ainsi que les fromages sont largement utilisés.
Les plats traditionnels espagnols sont bien entendus les paellas qui diffèrent selon les régions voire les villes, les planchas et les tapas.
Les Espagnols produisent d'excellents vins rouges, doux, blancs ou mousseux et proposent de la sangria, du xérès ainsi que plusieurs variétés de bières et de liqueurs.

Tourisme

L'Espagne est une destination sûre pour le tourisme. Elle fait partie de l'espace Schengen et une carte d'identité ( ou un passeport) en ordre de validité suffit pour voyager dans le pays. Les conditions sanitaires et les soins de santé sont bons.

Le tourisme en Espagne est une véritable institution. Un climat agréable, des paysages variés, un patrimoine architectural, historique et naturel exceptionnel, une offre hôtelière plus que satisfaisante, tous les ingrédients d'un séjour réussi sont réunis. Il ne faut pas hésiter à s'éloigner des grands sites touristiques et de la côte pour découvrir une Espagne plus intimiste et plus authentique.

De la Sagrada Familia de Barcelone à la ville fortifiée de Caceres en passant par les moulins de Don Quichotte, par Pampelune la Basque, la ville des pèlerins Saint Jacques de Compostelle, le port de Valence, Toledo la médiévale ou les stations balnéaires bordant la Méditerranée et l'Atlantique... l'Espagne recèle d'innombrables trésors.